Le ministère des Armées est en train de livrer une bataille longue et dure pour redresser la disponibilité des aéronefs français (Rafale, A400M, Tigre, drones...). Lancée en 2018 par la ministre des Armées Florence Parly, la transformation du maintien en condition opérationnelle (MCO) est une opération en profondeur, dont les résultats demandent du temps. Les premiers contrats de MCO passés avec les industriels sont trop récents pour qu'ils donnent des résultats spectaculaires. Or, le politique n'a pas le temps ou rarement. "Maintenant que la nouvelle direction de la maintenance aéronautique est mise en place, j'en attends des résultats rapides", avait claironné en juillet 2018 le président de la République. Une pression qui pourrait être contre-productive et dangereuse si les résultats primaient sur la sécurité.
Ce jeudi à Clermont-Ferrand dans les Ateliers industriels de l'aéronautique (AIA), Florence Parly fait un point d'étape sur la modernisation du MCO en matière d'aéronautique, près de trois ans après son discours à Évreux en 2017 où elle a pris le dossier en main. Le ministère y met des moyens spectaculaires en crédits de paiement, dont l'enveloppe grossit depuis 2017 : 2,3 milliards d'euros en 2017, 2,7 milliards en 2020, 3 milliards en 2022 et 4,1 milliards en 2025. Près de 80% de hausse programmée en huit ans. Le ministère assume : "on met plus d'argent mais nous avons obtenu une amélioration très sensible sur la disponibilité des aéronefs sans être spectaculaire", souligne-t-on dans l'entourage de la ministre. Et d'estimer que "la tendance, qui est bonne, peut continuer à l'être" dans les prochaines années.