« Nous menons une politique active de recrutement, en nous adaptant constamment au marché de l'emploi. Nous obtenons de bons résultats : j'ai dix candidats pour un poste ouvert au concours d'attaché de la DGSE », a affirmé le directeur général de la sécurité extérieure (DGSE), Bernard Émié lors d'une audition à l'Assemblée nationale dans le cadre de la Loi de programmation militaire (LPM). Le niveau des agents, qui présentent ce concours est « très élevé », selon le patron des espions. Pour gagner le pari de l'attractivité, la DGSE y met les moyens. Elle mène à ce titre une politique active de communication, bien au-delà du Bureau des légendes, même si Bernard Emié « admet que Malotru est pour nous un VRP extraordinaire ». Mais pas que...
Car pour faire face à la concurrence sur le marché de l'emploi, notamment dans le domaine du numérique, la DGSE doit être également attractive en termes de salaires. Si elle ne pourra jamais égaler les salaires du secteur privé, elle peut en revanche offrir des missions que le privé ne pourra jamais proposer. La DGSE a pu augmenter en 2022 les salaires de ses contractuels, notamment dans les domaines techniques et cyber. Le ministère des armées appliquera au recrutement la grille des salaires établie par la direction interministérielle du numérique (Dinum). La DGSE pourra faire bénéficier à ses agents d'une deuxième vague d'augmentations en 2023 dans le domaine du numérique. Mais les agents français sont moins bien payés que les Britanniques ou les Américains, assure le directeur de la DGSE. Ces augmentations qui seront loin d'être du superflu pour les recrutements à venir :
« En matière militaire, nous nous sommes adaptés aux fortes tensions sur certaines spécialités. Dans le domaine de l'imagerie ou de la cyber, c'est la jungle ! », constate Bernard Emié. Ainsi, le patron des espions tient à rendre« hommage à Florence Parly, qui s'est engagée sur ce sujet »et« aussi à Sébastien Lecornu, qui entend amplifier cette politique pour fidéliser nos agents ».