Saint-Nazaire : les chantiers navals STX vendus avant la fin de l'année ?

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Les chantiers navals STX sont notamment spécialisés dans la construction de gigantesques paquebots de croisière.
Les chantiers navals STX sont notamment spécialisés dans la construction de gigantesques paquebots de croisière. (Crédits : Décideurs en région)
Le groupe sud-coréen STX Offshore & Shipuilding est en grave difficulté financière et cherche des rentrées d'argent. Deux repreneurs seraient intéressés parmi lesquels l'italien Fincantieri.

Les chantiers navals de STX France, situés à Saint-Nazaire, seront normalement vendus d'ici à la fin de l'année. C'est ce qu'a annoncé jeudi un porte-parole de STX Offshore & Shipuilding, le groupe sud-coréen qui possède l'activité française.

"Notre objectif est d'avoir bouclé la vente de STX France à la fin de l'année (...) il est regrettable que nous ayions décidé de nous séparer de STX France (...) mais c'était nécessaire car nous avons un besoin urgent de liquidités." a expliqué Kong Doo-Pyoung à l'AFP.

Une annonce pas si récente

Cette annonce pourrait donner un véritable cours d'accélérateur à ce dossier. La vente de STX Europe, auquel STX France est rattaché, a été annoncée...en 2014. A l'époque, la Korea Development Bank (KDB), venait de prendre le contrôle de STX qui était criblé de dettes, et cherchait à vendre des filiales pour obtenir du cash. Le dossier traînait en longueur, à tel point que le gouvernement français, qui possède 33% de STX France via Bpifrance, s'interrogeait sur les volontés du groupe.

>> Lire aussi : Mais que veulent vraiment faire les Sud-Coréens avec STX France ?

Deux ans plus tard, la situation n'a pas beaucoup évolué: la maison-mère est toujours endettée et doit présenter vendredi un plan de restructuration devant la justice sud-coréenne. D'après une source interrogée par Reuters, "les intentions de l'administrateur judiciaire sont connues puisque, avec l'accord du tribunal, il a pris les dispositions nécessaires pour lancer un processus de cession".

Des repreneurs déjà sur les rangs

D'après l'agence, qui a confirmé mercredi des informations de Ouest-France, "le gouvernement mène des discussions approfondies avec un consortium d'acheteurs intéressés, dont un industriel du secteur de la construction navale civil". Un autre candidat se serait également déclaré pour reprendre STX France. D'après le journal Le Monde, ces deux candidats seraient Fincantieri et le néerlandais Damen, d'une envergure plus modeste que l'italien mais qui, selon le quotidien du soir, serait soutenu par l'un des plus gros clients de STX, à savoir MSC Croisières.

En 2015, La Tribune avait déjà révélé l'intérêt du groupe italien pour les chantiers navals français, tout faisant remarquer que DCNS, qui s'est spécialisé dans les bâtiments militaires, voyait d'un très mauvais œil l'arrivée possible de Fincantieri qui pourrait venir le concurrencer dans ce secteur. Néanmoins, la France pourrait faire jouer sa réglementation s'appliquant aux investissements étrangers dans les secteurs stratégiques français pour éviter une "guerre" sur le marché militaire.

Carnet de commandes plein

Si les syndicats de l'entreprise, à l'image de FO qui a récemment écrit à Manuel Valls, ont fait part de leur inquiétude quant à une éventuelle revente, la situation économique des chantiers navals de Saint-Nazaire est excellente. Le site a enregistré d'énormes commandes en 2016 : d'abord un "mégacontrat" signé avec MSC Croisières en avril et estimé à 4 milliards d'euros pour construire quatre paquebots. Puis une autre commande passée par Royal Carribean (RCCL) en mai, et estimée à 2,5 milliards d'euros.

Avec ces deux contrats, STX France voit son carnet de commandes rempli pour dix ans. L'entreprise, qui fait travailler 6.000 salariés et sous-traitants, prévoit même d'embaucher entre 300 et 400 personnes d'ici 2017.

(Avec AFP et Reuters)

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a écrit le 08/09/2016 à 10:32 :
Que vont faire notre président pas bol et notre secrétaire d'état chargé de l'industrie de cet épineux dossier? Racheter les parts en vendant des bijoux de famille? Faire des moulinets et brassés de l'air en belles paroles? Ça va mieux dans l’empilement de dossiers importants, c’est tout ce que je vois.
Réponse de le 08/09/2016 à 20:23 :
@Benoit : en même temps, malgré son appartenance à un groupe sud-coréen en grande difficulté, ça n'a pas empêché les chantiers de St-Nazaire de plutôt bien performer! Donc après, italien ou néerlandais...

Pour l'instant, et vu de l'extérieur, la dynamique de STX France semble bonne, donc l'essentiel serait peut-être de ne pas casser ce bon rythme.
Réponse de le 09/09/2016 à 11:10 :
Mobius, la première fois que j'ai entendu parlé de ce dossier c'est le 26/05/2016 de mémoire et même avant.


http://www.meretmarine.com/fr/content/stx-offshore-shipbuilding-menace-de-redressement-judiciaire

Qu'a fait le gouvernement à part nous parler du CICE? Qu'a-t-il fait pour lutter contre les travailleurs détachés? Ce jour notre ministre du travail va à Bruxelles pour défendre ce dossier épineux. Mais il restera lettre morte car les anciens pays de l'Est ne veulent rien changer. Ils sont les gagnants dans cette histoire. C'est une bête histoire d'être d'accord à 27. Si la Pologne est contre. Rien ne bouge.

Certes il y a bien 10 bateaux à construire. La question est ou après la vente. En Finlande chez STX Turku? Ailleurs? D'ici 2026 le marché a le temps de se retourner. L'important est de savoir qui possède le contrat STX Corée du Sud ou STX France.

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