C'est la première commande du Salon du Bourget 2025. Et comme n'a pas manqué de le faire remarquer Benoît de Saint-Exupéry, directeur commercial d'Airbus : « Ce n'est pas tous les jours que nous avons l'occasion d'accueillir un nouveau client. » Ce nouveau client, c'est la société de location d'avions saoudienne Avilease. Elle s'est engagée pour 10 Airbus A350F, ainsi que 30 appareils de la famille A320 NEO.
C'est la première fois qu'Avilease passe une commande directe à Airbus. Les appareils seront livrés entre 2030 et 2033. En plus des 40 avions fermes, elle comprend aussi des possibilités pour ajouter 12 A350 et 25 appareils de la famille A320 NEO supplémentaires, sans que la forme ne soit précisée (droits d'achats, options).
Lancée en 2022, la société est détenue par le Fonds public d'investissement d'Arabie saoudite (PIF). Basée à Riyadh, elle possède et gère déjà 200 avions, qu'elle loue auprès de 50 clients. Elle revendique ainsi un portefeuille d'actifs de 6 milliards de dollars. Comme l'a précisé Edward O'Byrne, son directeur général, Avilease passait jusqu'ici par des cessions-bails auprès de compagnies aériennes (rachat d'un avion auprès d'une compagnie et location à cette même compagnie), des rachats d'avions à d'autres sociétés de leasing. Surtout, elle a acquis le loueur irlandais Standard Chartered Aviation Finance en 2023, ce qui lui a permis de changer rapidement d'échelle.
Avec ces commandes directes, Edward O'Byrne entend ainsi gagner encore en taille pour s'imposer dans le top 10 mondial des sociétés de location d'avions d'ici la fin de la décennie. Ce qui correspond selon lui à un portefeuille de 20 milliards de dollars. « Nous voyons de la valeur au fait d'être en haut de l'industrie en termes de retour sur investissement », a-t-il déclaré. La société saoudienne avait déjà fait un pas en ce sens avec une première commande directe pour 30 Boeing 737 MAX, en mai dernier. Et Edward O'Byrne revendique deux ans d'avance sur son plan de marche initial. Il entend ainsi pouvoir se concentrer sur son second objectif, à savoir le développement de l'écosystème aérien en Arabie saoudite.