Sous-marins : le Japon se lance aussi dans la compétition du siècle

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L'appel d'offres porte sur le remplacement des sous-marins australiens de la classe Collins et pourrait concerner jusqu'à 12 sous-marins de plus de 4.000 tonnes.
L'appel d'offres porte sur le remplacement des sous-marins australiens de la classe Collins et pourrait concerner jusqu'à 12 sous-marins de plus de 4.000 tonnes. (Crédits : © Reuters Photographer / Reuter)
D'abord réticents, les Japonais se disent capable de fabriquer entièrement les sous-marins Soryu en Australie. Ils se posent comme des concurrents sérieux face à DCNS et à l'allemand ThyssenKrupp Marine Systems.

Le consortium japonais en lice pour un contrat de défense de 35 milliards de dollars (31 milliards d'euros) en vue de la livraison de sous-marins à l'Australie s'est dit certain mardi de pouvoir construire entièrement des submersibles sur place si le gouvernement australien en fait la demande. Ce qui est pourtant le cas, Canberra demandant entre autre des propositions avec une industrialisation sur place. Le consortium, composé de l'État, de Mitsubishi Heavy Industries et de Kawasaki Heavy Industries propose à la marine australienne le sous-marins de type Soryu, long de 84 mètres et déplaçant 4.200 tonnes en plongée.

Alors que la question des emplois industriels est un sujet politique sensible en Australie, le consortium japonais s'était jusqu'à présent montré réticent à prendre un tel engagement, contrairement à ses concurrents européens, DCNS et l'allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS). L'appel d'offres porte sur le remplacement des sous-marins australiens de la classe Collins et pourrait concerner jusqu'à 12 sous-marins de plus de 4.000 tonnes. La décision de Canberra est attendue à l'horizon de la fin du premier trimestre 2016.

"Je pense que nous sommes très confiants dans notre capacité à construire des bateaux en Australie dès le départ", a déclaré un porte-parole du ministère japonais de la Défense, Masaki Ishikawa, en marge d'un déplacement dans une exposition navale à Sydney.

Le mea culpa des Japonais

Masaki Ishikawa s'est dit persuadé que la solution hybride prônée par son gouvernement, consistant à construire une partie des sous-marins au Japon et l'autre en Australie, serait la moins chère pour le contribuable australien. Le Japon a paru dans un premier temps disposer d'une longueur d'avance sur ses concurrents européens pour ce contrat, l'un des plus importants en valeur actuellement dans le monde en matière de défense, en raison de la relation personnelle privilégiée nouée entre le Premier ministre japonais Shinzo Abe et celui qui était alors son homologue australien, Tony Abbott.

L'éviction de ce dernier par Malcom Turnbull pourrait toutefois avoir changé la donne, d'autant que le consortium japonais semble avoir multiplié les maladresses ces derniers temps. Masaki Ishikawa a reconnu mardi que le consortium japonais avait certainement été déficient en matière de relations publiques. "Nous comprenons la nécessité de nous adresser davantage aux responsables politiques, aux médias et à l'opinion publique", a-t-il assuré.

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Commentaires
a écrit le 07/10/2015 à 12:07 :
@Math, bonjour.
Le sous marin proposé par DCNS est une version diesel, les Australiens ne veulent pas de nucléaire. Par ailleurs, concernant les systèmes d'armement, le donneur d'ordre demande que ce soit du matériel Américains.
A priori pas de problème pour le diesel, pour l'armement, cela demande des modifications.
Un avantage par ailleurs, le poids de THALES est significatif en Australie.
a écrit le 07/10/2015 à 0:15 :
La qualité japonaise est excellente : la France a du souci à se faire pour vendre des sous-marins ?
a écrit le 06/10/2015 à 18:06 :
on croise les doigts pour DCNS !
Réponse de le 06/10/2015 à 19:30 :
Plutôt deux fois qu'une, mais je ne sais pas ce que valent réellement nos sous-marins. Pas les sous-mariniers, mais les sous-marins, en particulier nos moteurs. C'est une vrai question. Sur ce contrat, au niveaux des armements, on ne craint pas grand chose. Je pense que nos missiles sont au top et qu'au niveau torpille, ça doit aller. La question est purement sur le bloc moteur diesel/electrique. Je ne pense pas que les australiens aient les compétences pour des sous-marins nucléaires. Vu qu'on a du mal à entretenir les compétences d'atomicien sous marinier chez nous pour des SNLE, il me parait impossible que des Australiens déjà frileux sur l'atome puisse mettre un bon équipage. Reste donc le diesel électrique et là... Je ne sais pas où on en est. On investit moins la dessus que les marines de second rang comme les Allemands ou les Japonnais. Eux sont forcés de le faire. Du coup, je ne sais pas s'ils n'ont pas un petit avantage. Les USA qui misent tout sur le nucléaire ne peuvent même pas participer à l'appel d'offre, c'est dire.

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