Après avoir essuyé mardi les commentaires acides de Fabrice Brégier, le Pdg d'Airbus, sur les retards de livraison des sièges de l'A350 de Zodiac Aerospace, la direction de l'équipementier aéronautique français a dû subir ce jeudi, lors de l'assemblée générale des actionnaires, la colère de certains actionnaires individuels, passablement irrités par la chute du cours de Bourse depuis moins d'un an (-46% depuis avril 2015) en raison de problèmes industriels
Un actionnaire s'est notamment distingué en en interpellant plusieurs fois le président du directoire, Olivier Zarrouati avec des mots rageurs tels que "il y a eu une faute majeure de management", "vous êtes incompétents", "avez-vous viré les responsables ?", ou encore en lançant au président du conseil de surveillance, Didier Domange, qui lui demandait de prendre un micro parce qu'il n'entendait pas ses propos : "le cours est à 19 euros et vous n'en avez rien à f... ".
Ce qui lui a valu une réponse de Didier Domange :
A un autre qui ne comprenait pas qu'un tel accident industriel puisse arriver à une entreprise comme Zodiac "qui n'est pas une start-up" et lui demandait s'il soutenait Olivier Zarrouati, Didier Domange a déclaré avoir répondu à cette question en novembre dernier avec la reconduction d'Olivier Zarrouati aux manettes opérationnelles du groupe.
Ce dernier a joué profil bas. La voix nouée, il a expliqué les causes de l'accident industriel et les mesures prises pour le résoudre. Interrogé sur les propos du Pdg d'Airbus, Olivier Zarrouati a expliqué avoir bien compris les messages.
L'autre message concerne la montée en cadence d'Airbus et sa prévision d'assembler plus de 50 A350 en 2016.
Pour rappel, mardi, Fabrice Brégier avait vertement critiqué Zodiac Aerospace, assurant avoir "beaucoup souffert avec Zodiac". "J'attends qu'ils réussissent à faire beaucoup mieux cette année, notamment parce que beaucoup de livraisons d'A350 sont directement liées à leur performance sur les toilettes et sièges. Oui, c'est un message", avait-il asséné en affirmant que l'équipementier était encore aux prises à des difficultés.
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Il lui a demandé d'améliorer sa performance afin d'assurer les livraisons d'A350 en 2016 (50 contre 14 en 2015), et regretté que l'équipementier ait été "dans le déni" des difficultés qu'il rencontrait.
Pour ce dernier, le groupe a pris des mesures et mis des moyens importants (325 millions d'euros) pour résoudre les problèmes. Aujourd'hui, le nombre de sièges en retard est de 300, contre 6.000 en avril 2015.
Ces mesures concernent une plus forte centralisation du groupe avec un comité exécutif restreint, un reporting opérationnel plus strict qu'il ne l'était jusqu'ici et des visites plus fréquentes sur le terrain. En plus du manque de préparation de la capacité industrielle pour répondre à la hausse des commandes, la question du reporting est en effet centrale aux yeux d'Olivier Zarrouati pour comprendre la crise industrielle rencontrée par Zodiac. Allant jusqu'à parler de tricherie de certains collaborateurs dans la remontée d'informations, il a expliqué que les informations reçues par la direction ne correspondaient plus à la réalité sur le terrain. "Cela nous a fait perdre 6 mois", a-t-il expliqué.
La transformation de Zodiac prendra du temps. Le plan Focus, qui vise à transformer l'entreprise afin de lui apporter une organisation en phase avec sa taille, ne sera pas déployé en totalité à l'ensemble du groupe avant fin 2017.
Zodiac a modifié son système de rémunération des dirigeants. Les stock-options n'existent plus et son remplacées par un système d'attribution d'actions gratuites qui seront accordées au bout de trois ans si les objectifs de performance seront atteints, a expliqué Patrick Daher, le président du comité de rémunération de Zodiac (et président du groupe Daher). Une fois propriétaires des actions, les mandataires sociaux devront les conserver au moins deux ans. Au titre de l'exercice en cours, Olivier Zarrouati ne recevra pas de rémunération variable (252 000 euros l'an dernier et deux fois plus il y a deux ans). Son fixe s'élève à 620 000 euros.
Alors que Patrick Daher a expliqué que "la mission principale du Directoire était de rétablir la rentabilité", Olivier Zarrouati a indiqué que la marge opérationnelle serait d'environ 10% à l'issue de l'exercice 2015-2016, clos fin août, et qu'elle serait suivie par une augmentation de 2% au cours de l'exercice suivant.
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