100 millions d'euros : Kiabi victime d'une vaste fraude financière
latribune.fr

Derrière la fraude, se cache une ancienne trésorière de l'enseigne de vêtements à bas prix.
Reuters
latribune.fr

Derrière la fraude, se cache une ancienne trésorière de l'enseigne de vêtements à bas prix.
Reuters
[Article publié vendredi 27 septembre 2024 à 13h16, mis à jour à 17h16] Une « fraude financière sophistiquée d'ampleur ». C'est ce dont a été victime l'enseigne française de magasins de vêtements Kiabi. La marque a en effet découvert le pot aux roses en juillet, a indiqué ce vendredi la direction, confirmant des informations de France Info.
Kiabi a cherché à récupérer mi-juillet un investissement réalisé un an plus tôt, mais quand l'entreprise s'est rapprochée de la banque, l'argent s'était « volatilisé », selon la technique des « comptes rebonds ». Un détournement chiffré à « 100 millions d'euros ».
Derrière la fraude, se cache une ancienne trésorière de l'enseigne de vêtements à bas prix. Une femme de 39 ans, qui s'est installée en Floride pour y travailler dans le luxe. L'été dernier, elle ouvre un compte dans une banque en Europe, précise France Info, pour y placer les 100 millions d'euros.
Interpellée au mois d'août par la police judiciaire à sa sortie d'un jet privé sur la piste de l'aéroport de Figari, en Corse du Sud, « la trésorière a été mise en examen par le juge d'instruction et placée en détention provisoire le 18 août 2024 », a précisé ce vendredi le parquet de Paris à l'AFP.
L'ex-trésorière de Kiabi avait l'habitude de se mettre en scène sur les réseaux sociaux : elle apparaît en photo à Mykonos en Grèce, sur la côte Amalfitaine en Italie ou encore dans de grandes fêtes. Lorsque les policiers l'arrêtent, ses bagages contiennent plus de 500.000 euros de bijoux et d'affaires de luxe, renchérit France Info.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

À l'issue de sa garde à vue, elle a été ramenée à Paris, où un juge d'instruction l'a mise en examen pour « escroquerie et blanchiment en bande organisée », les enquêteurs n'imaginant pas qu'elle ait pu agir seule, indique la radio. D'après les premiers éléments, elle aurait pu se faire passer pour un haut responsable de l'entreprise. D'autant que ce n'est pas la première fois que cette femme fait face à la justice : elle aurait été déjà condamnée à deux ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris pour une précédente escroquerie, précise l'article.
« Cette fraude ne remet en aucun cas en cause la solidité financière de Kiabi et n'a pas de conséquence sur le maintien de notre trajectoire annuelle », a rassuré Kiabi qui n'a ni confirmé ni démenti le montant du détournement. Kiabi a réalisé en 2023 un chiffre d'affaires de 2,2 milliards d'euros.
Côté représentants des salariés, « nous avons été informés de la fraude hier (jeudi), mais nous avons appris les détails dans la presse ce (vendredi) matin », a indiqué à l'AFP Muriel Voldrich, déléguée centrale CGT et élue du CSE. Il est prévu de questionner la direction sur le sujet.
Créée en 1978 dans le Nord de la France, Kiabi s'appuie sur un réseau de 616 points de contact dans 28 pays. L'enseigne revendique 293 millions d'articles vendus à 22,3 millions de clients en 2023, et fait partie de la galaxie familiale des Mulliez, qui rassemble près de 50 enseignes au travers de participations diverses (Auchan, Decathlon, Leroy Merlin, Saint Maclou, Jules, Pizza Paï, Electro Depot...).
À lire également
Kiabi s'appuie sur un réseau de plus de 600 points de vente dans 28 pays, a réalisé 2,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2023. Environ 10.000 personnes y travaillent dans le monde, dont environ 6.000 en France. Par ailleurs, elle fait partie des rares enseignes à tirer leur épingle du jeu dans un secteur, le prêt-à-porter, bousculé par une violente crise.
(Avec AFP)
latribune.fr
Souveraineté alimentaire et sanitaire : l'État va entrer au capital de l'industriel Eurolysine, menacé par la concurrence chinoise
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Nucléaire : le Blayais finalise son dossier pour accueillir les réacteurs nouvelle génération
Industrie, mobilités, logements, géothermie : la nouvelle offensive verte de l’Occitanie