Comment Celio a fait renaître Camaïeu
Marie-Pierre Gröndahl
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Marc Grosman (à gauche) et Sébastien Bismuth, le 28 août.
© LTD / CORENTIN FOHLEN POUR LA TRIBUNE DIMANCHE
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Marc Grosman (à gauche) et Sébastien Bismuth, le 28 août.
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Il fallait une occasion particulière pour que Marc Grosman, 70 ans, rompe avec la règle de silence que cet entrepreneur secret observe depuis près de cinq décennies. Cofondateur avec son frère cadet, Laurent, de la marque de prêt-àporter masculine Celio, ce diplômé de Harvard (où il a obtenu un MBA après ses études à l'ISG de Paris) fuit la lumière avec constance, il n'aime pas non plus être pris en photo. Mais l'ouverture du premier magasin Camaïeu cette semaine à Lille, près de deux ans après le rachat aux enchères de l'enseigne en faillite pour 1,8 million d'euros par les actionnaires majoritaires de Celio, représente un moment clé dans l'histoire du groupe familial.
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« Mon frère, qui a quitté l'école à 16 ans, avait ouvert un magasin de prêt-à-porter pour femmes en 1976, avec mon père : Cléo. Une boutique de 90 mètres carrés, située près de la gare Saint-Lazare. Ils ont souhaité reprendre un point de vente juste à côté, mais il fallait alors en racheter huit d'un coup, selon le souhait de sa propriétaire. "Si tu viens avec nous, on se lance", m'a dit mon frère. J'ai quitté les États-Unis et les ai rejoints en 1982. Tout a commencé comme ça », raconte cet homme au regard clair, à la diction lente et précise. Très vite, Cléo devient Celio, et se transforme pour se consacrer à la mode pour hommes. Le secteur de l'habillement, dominé par des TPE et PME familiales, est alors en pleine croissance. La recette de Celio prend rapidement. « Je m'étais inspiré de la réussite et de la stratégie de Gap, dont le modèle n'avait pas été répliqué en France », explique le cofondateur.
Marie-Pierre Gröndahl