Epidémie E.coli : Bruxelles débloque 150 millions d'euros d'aides

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Des maraîchers de la région nantaise ont détruit dix tonnes de concombres invendus depuis le début de l'épidémie provoquée par la bactérie E. coli  - Copyright Reuters
Des maraîchers de la région nantaise ont détruit dix tonnes de concombres invendus depuis le début de l'épidémie provoquée par la bactérie E. coli - Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les producteurs de légumes frais affectés par l'épidémie E.coli vont se partager 150 millions d'euros, à titre de dédommagement, moitié moins que le montant des pertes estimées jusqu'alors. Mécontents, Paris et Madrid réclament une indemnisation à 100%.

Le plan de soutien aux maraîchers, dont les ventes de fruits et légumes sont en chute libre depuis le début de l'épidémie liée à la bactérie E.coli s'élève à 150 millions d'euros, a annoncé ce mardi Dacian Ciolos, commissaire européen à l'Agriculture, à l'issue d'une réunion des ministres de l'Agriculture européens à Luxembourg. "J'ouvrirai notre proposition à 150 millions d'euros", a-t-il déclaré à la presse, laissant entendre que ce montant n'était qu'un point de départ pour des discussions.

Le montant de cette enveloppe représente la moitié des pertes annoncées par les différents pays. Selon la fédération européenne des produits frais Freshfel Europe, les dernières estimations donnent un manque à gagner hebdomadaire de l'ordre de 80 millions d'euros aux Pays-Bas, de 20 millions en Allemagne, de quatre millions en Belgique et de trois millions au Portugal, sans parler des 200 millions d'euros estimés par les agriculteurs espagnols, soit un montant évalué à 307 millions d'euros. 

Si les Espagnols paient le plus lourd tribut c'est qu'en plus d'être les premiers producteurs européens de concombres, ils ont surtout été désignés, par les autorités allemandes, coupables d'être à l'origine de la bactérie mortelle ayant à ce jour provoqué le décès de 23 personnes. Puis, les soupçons se sont portés sur des graines germées produites dans une exploitation de la région d'Hambourg, épicentre de l'épidémie, sachant qu'il n'est pas sûr que cette ferme biologique soit la source de l'épidémie.

La France touchée ?

S'agissant de la France, le ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a indiqué vendredi dernier craindre un "impact très négatif" de cette épidémie sur la production française de légumes. Un impact dont le manque à gagner n'est pas indiqué. A Rungis, premier marché de gros de France, les prix des concombres et des tomates ont chuté et les invendus s'accumulent. Lundi, des maraîchers de la région nantaise ont détruit dix tonnes de concombres invendus depuis le début de l'épidémie.

Paris et Madrid veulent plus

La France et l'Espagne ont jugé insuffisante la proposition de Bruxelles. "Ce n'est pas suffisant pour l'Espagne", a déclaré la ministre espagnole de l'Agriculture, Rosa Aguilar. "Ce que nous voulons c'est qu'il y ait une réponse pour tous les producteurs, qu'ils soient ou non membres des organisations de producteurs et à 100% de la valeur réelle de marché des pertes." 

Le ministre français, Bruno Le Maire réclame quant à lui "une indemnisation à l'euro près des producteurs français touchés par la crise, pas 30%", a-t-il insisté, même s'il a jugé que l'existence d'une proposition financière concrète était une première bonne nouvelle.

Halte à la psychose

"L'épidémie est limitée à la région de Hambourg, donc il n'y a aucune raison à ce jour de prendre de mesures au niveau européen", a rappelé à Strasbourg John Dalli, commissaire européen chargé de la Santé et de la Politique des consommateurs. "Nous pensons que toute interdiction de tout produit serait disproportionnée."

Le commissaire a mis en garde les Etats membres contre toute conclusion hâtive quant à l'origine de l'épidémie attribuée d'abord à des concombres puis à des graines germées, hypothèse qui fait toujours l'objet de vérifications."Il est crucial que les autorités nationales ne se bousculent pas pour donner des sources de contamination qui ne sont pas prouvées", a-t-il dit. "Cela ne fait qu'alimenter les craintes de la population, des psychoses dans toute l'Europe et ça crée des problèmes pour les producteurs de légumes", a-t-il ajouté.

 

 

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a écrit le 08/06/2011 à 12:51 :
Il est remarquable de constater que dans les médias français, rien ou presque n'a été dit concernant le fait que les soupçons semblent peser uniquement sur des produits de la filière bio.
C'était le cas des concombres espagnols, c'est encore le cas des germes de graines allemands. Les deux se sont révélés négatifs, mais il doit y avoir une raison précise pour que cette seule filière soit mise en cause.
Par ailleurs de plus en plus de spécialistes en Allemagne pointent du doigt les usines de biogaz (au nombre de 6800 en Allemagne) qui pourraient être à l'origine de l'épidémie, en critiquant notamment les mesures d'hygiènisation insuffisantes et mal conrôlées et par ailleurs la tendance en cas de sécheresse d'un aggravation du phénomène car les épandages (les résidus de ces usines sont utilisés comme engrais bio) ne sont pas rincés par l'eau de pluie.
Par ailleurs toujours en raison de la sécherese, les agriculteurs peuvent être tentés de recourir à un arosage en utilisant les épandeurs de purin liquide, qui par définition sont contaminés.
En tout cas, une mise en avant de certaines des techniques utilisées par les fermes bio qui ne sont pas à leur avantage mais jamais citées.
a écrit le 08/06/2011 à 9:57 :
Bien sûr il est difficile de déterminer la cause de cette épidémie mais il est consternant d'avoir jeté la suspicion sur les légumes frais. Pourquoi ne pas avoir sollicité les idées des professionnels de la surveillance sanitaire et alimentaire à l'échelon européen. N'y a-t-il pas eu une interruption de la chaîne du froid type macro coupure d'électricité dans la région, les personnes infectées n'ont-elles pas mangé des steaks tartares?
a écrit le 07/06/2011 à 17:41 :
Erreur dans le titre: Cactérie > Bactérie.
Je paie pour le journal, merci de faire un effort!

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