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Charles Doux n'entend pas lâcher les rênes de son groupe

latribune.fr

Publié le 05 juin 2012 à 18:08 - Mis à jour le 05 juin 2012 à 18:09

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Charles Doux, patron du groupe de volailles, a réuni ce mardi un comité central d'entreprise. Il a assuré que les salariés recevraient leur salaire.

Après quatre jours de tempête médiatique, Charles Doux plaide pour un retour au calme. Le patron et principal actionnaire du groupe breton de volailles a réuni ce mardi un comité central d?entreprise à Châteaulin (Finistère). Charles Doux y a assuré que les salaires de ses 3.400 employés seront versés ce mardi. Devant les élus du personnel, le patron a expliqué sa décision de déclarer son groupe en cessation de paiements et de demander sa mise en redressement judiciaire. Et ce malgré la tenue de négociations sous l?égide du gouvernement avec son principal créancier, la Barclays. "Par cette procédure de redressement judiciaire, il n?a pas voulu prendre de risques, a-t-il expliqué", rapporte son entourage.

337 millions d?euros de dettes

Sa décision avait soulevé l?ire du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, et du ministre de l'Agriculture en charge de l'agroalimentaire, Stéphane Le Foll. Le gouvernement jugeait être proche d?un accord avec la Barclays. La banque d?affaires, qui détient une créance de 140 millions d?euros, devait injecter 20 millions des 35 millions d?euros de refinancement prévu. Cette somme devait permettre d?éteindre immédiatement la crise de liquidités de l?entreprise bretonne dont les fournisseurs impayés rechignaient désormais à l?approvisionner en volailles. Au risque d?entraîner la chute du groupe et celle des 800 éleveurs bretons qu?il fait vivre.

Lâcher les rênes

"Mais, à terme, l?accord devait donner 100 % du capital à Barclays. Cela ne pouvait convenir à l?actionnaire", assure aujourd?hui l?entourage de Charles Doux qui, avec sa famille, détient 80 % du capital du numéro un français de la volaille. En fait, aucune contrepartie n?avait encore été définie, assure à "latribune.fr" une source proche des négociations. "Charles Doux devait demeurer président du conseil d'administration pendant six mois", précise le ministère du Redressement productif. Mais, Charles Doux redoutait d?avoir à lâcher les rênes. "Par affectio societatis sans doute", estime Jean Charroin, professeur en management à l?école Audencia à Nantes, ancien cadre dans l?agroalimentaire. La mise en redressement judiciaire de Doux, que Charles Doux a décidé seul, a mis fin brutalement aux négociations.

Interventionnisme

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A la veille des élections législatives que va-t-il se passer ? Charles Doux assure vouloir présenter un plan de continuation à Régis Valliot nommé administrateur judiciaire. Le pourra-t-il ? Il lui faudra d?abord financer ses prochains mois d?exploitation et négocier un plan de sortie en gérant 337 millions d?euros de dettes. Ce ne sera une partie facile, sans envisager une restructuration. Un plan social ferait désordre. "Si l?actionnaire n?est plus jugé crédible, à la demande du parquet, le tribunal de commerce peut accorder les pleins pouvoirs à l?administrateur judiciaire et évincer les dirigeants", observe Maurice Picard, administrateur judiciaire. Ce scénario interventionniste est-il envisagé par Arnaud Montebourg ? Pour l'heure, le dossier est dans les mains du Comité Interministériel de Restructuration Industrielle (CIRI). "Notre objectif est de préserver les 3.700 emplois et l'outil industriel du groupe", martèle la porte-parole d'Arnaud Montebourg.

latribune.fr

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