PPR se marie au Vente-privée.com italien

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Ancien banquier, Federico Marchetti, 43 ans, a fondé Yoox en 2000.
Ancien banquier, Federico Marchetti, 43 ans, a fondé Yoox en 2000. (Crédits : Luca Cottinelli)
Les ventes en ligne de produits de luxe progressent de 25% par an. PPR le sait. Pour atteindre le milliard d'euros de chiffre d'affaires qu'il brigue en 2020, le groupe monte une co-entreprise avec l'italien Yoox. Ensemble, ils diffuseront Yves-Saint-Laurent, Bottega Venetta, Sergio Rossi, Balenciaga et Alexander Mc Queen.

PPR n'aime plus le libre-service en magasins. Mais il vénère la vente en ligne. Début 2012, François-Henri Pinault a confirmé combien il souhaitait se défaire de la Fnac et de Redcats, ses deux dinosaures de la distribution. A la même date, il a dévoilé l'un de ses objectifs 2020 : réaliser un milliard d'euros de chiffre d'affaires sur le Net, dans un groupe de luxe et d'équipement à la tête de 24 milliards d'euros, soit le double de 2011.

Six mois plus tard, le groupe PPR fait preuve de réalisme. Il avoue avoir besoin d'aide extérieure pour atteindre cet objectif sur le Net. Pour preuve : il vient de créer une co-entreprise avec l'italien Yoox, spécialiste de la gestion des ventes en ligne de marques de mode. PPR en détiendra 51%. Cette joint-venture sera chargée de la gestion des boutiques en ligne de deux stars de son portefeuille : Yves Saint-Laurent (353 millions d'euros en 2011) et Botegga Venetta (682 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2011). Plus confidentielles, les autres marques Alexander Mc Queen, Balenciaga et Sergio Rossi en seront également. Gucci, premières des marques de luxe du groupe PPR, poursuivra, elle, seule sa route sur la Toile. « C'est la marque la plus avancée dans la vente en ligne », avance un porte-parole de PPR, sans préciser la part des 3,1 milliards d'euros de ventes mondiales que Gucci réalise déjà sur la Toile. D'autres marques du groupe pourraient suivre, toujours sous la houlette de Yoox.

La vente d'invendus
Yoox, kesako ? Fondée en 2000 par un ancien banquier, Federico Marchetti, cette société italienne installée à Bologne est un petit empire de la vente en ligne : à la manière de vente-privée.com, il vend des invendus de grandes marques de luxe, mais aussi conçoit et gère les boutiques en ligne de marques de mode, exploite un site de vente de chaussures, shoescribe.com, et une boutique en ligne dite multimarque, thecorner.com, opérationnelle dans 50 pays dans le monde. L'ensemble a généré 291 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2011. Soit 36% de plus qu'en 2010.

Un entrepreneur de 43 ans
Cotée à la Bourse de Milan, la société est la success-story du Net italien. Federico Marchetti, 43 ans, l'incarne partout : à la Bourse de Milan où Yoox est coté depuis 2009 et à Paris, Milan et New-York, au premier rang des défilés de mode des marques de luxe qu'ils fréquentent pour dénicher les bonnes pièces à vendre sur le Net. Celui qui a monté un Master pour former les jeunes italiens aux jobs du Net doit apprendre le métier à PPR. « Il nous apporte son savoir-faire. Nous apportons les marques », explique un porte-parole du groupe français. Yoox qui se rémunérera par commission lui ouvrira un peu les portes de la Chine où il est très présent.

5,6 milliards en 2011
L'enjeu est de taille. La vente en ligne de produits de luxe représente prés de 5,6 milliards d'euros. Partout dans le monde, elle ne cesse de croître, à un rythme de 25% par an depuis 2009. Et PPR a décidé de développer les ventes de deux catégories de produits : les accessoires de mode, types sacs à mains et maroquinerie, et les chaussures. Cela tombe bien. Ces articles sont très photogéniques. Ils se vendent bien sur le Net. Et Yoox en est déjà un gros distributeur. En 10 ans, il a écoulé plus de 4 millions de paires.

Le coût de l'immobilier
Ces chiffres affolent. Dès lors, alors le coût de l'immobilier plombe les coûts d'exploitation des magasins physiques, toutes les marques veulent être sur la Toile pour prendre des parts de marché à moindre coût sans monter un réseau de distribution. Ce n'est pas nouveau. Au début des années 2000, LVMH avait plusieurs fois approché les fondateurs du site français vente-privée.com pour racheter leurs parts. En 2010, le suisse Richemont, autre rival de PPR, a mis la main à 100% sur le site de vente en ligne, Net-a-porter, dont il détenait déjà 30%. L'opération avait valorisé cette success-story prés de 400 millions d'euros. Deux ans plus tard, PPR ne procède pas par acquisition. Il se pacse avec un spécialiste, Yoox. Au passage, dans ce secteur compliqué qui mêle technologie, graphisme, référencement, photographie et logistique, il fait preuve de l'humilité nécessaire. Car la vente en ligne ne s'improvise pas.

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Commentaires
a écrit le 03/08/2012 à 17:42 :
Petite affaire italienne orientée sur le "luxe", il faudra beaucoup plus à PPR. la réflexion se pose sur les sites actuels de vente par correspondance. Et s'il valait mieux les garder ?

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