Vin : les producteurs en appellent aux politiques face aux exigences chinoises

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60% des vins européens exportés en Chine sont français selon Bernard Farges, du Comité interprofessionnel des vins de Bordeaux.
60% des vins européens exportés en Chine sont français selon Bernard Farges, du Comité interprofessionnel des vins de Bordeaux. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les exportateurs de vins français espèrent une "initiative politique forte " française face à l'enquête antidumping de la Chine. Mais le ministre de l'Agriculture les encourage plutôt à se plier aux volontés de Pékin...

Le feuilleton de la bataille entre Européens et Chinois sur les panneaux solaires nous avaient tenu en haleine en juin et juillet… place au vin. Si, le 2 août dernier, un accord a été trouvé pour mettre fin au contentieux commercial sur les panneaux solaires, Pékin n'abandonne pas pour autant son enquête antidumping sur les vins en provenance d'Europe officiellement ouverte début juillet.

Les autorités chinoises accusent des producteurs de vendre à perte. Dans leur viseur : six entreprises européennes, dont quatre françaises parmi lesquelles Castel et Grands Chais de France. Les autorités chinoises entendent les contraindre à faire preuve d'une transparence complète sur leurs comptes.

Les producteurs français sollicitent un soutien politique

Du coup, les producteurs de vin sont fébriles. Le Comité interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB) sollicite le soutien des pouvoirs publics.

Son président Bernard Ferges a expliqué à l'AFP : "60% des vins européens exportés en Chine sont français et 60% des vins français sont des vins de Bordeaux. Il y a urgence à régler ce dossier avant que nos concurrents ne s'engouffrent définitivement dans la brèche". Il considère que "les volumes que nous ne commercialiserons plus en Chine viendraient alourdir nos marchés traditionnels et c'est toute la viticulture française qui en pâtirait".

Le Président de la FEVS Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux Louis-Fabrice Latour en appelle à une "initiative politique forte en réponse à un dossier qui a démarré sur un terrain politique".

En effet, l'enquête antidumping avait été décidée par la Chine en réponse à la décision de l'Union européenne d'instaurer des taxes provisoires sur les panneaux photovoltaïques chinois.

"La filière vin, deuxième exportateur français, a été négligée et prise en otage. Nous souhaitons ardemment que ce sujet soit traité très vite au plus haut niveau", a dit Bernard Farges.

Mi-juin, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll avait incité les producteurs français à se plier aux exigences chinoises en faisant preuve d'"une transparence totale" dans le cas où la chine ouvrirait une enquête. "Il n'y a pas de risque de découvrir des aides qui seraient des subventions directes à l'exportation" des vins européens, estimait-il alors.

>> Vin: le ministre de l'Agriculture appelle à "une transparence totale" dans le cadre de l'enquête antidumping de la Chine

3.500 entreprises françaises concernées

Selon Les Echos, cette montée d'un cran de l'inquiétude s'expliquerait par une pression accrue de la part de la Chine. D'après le journal, "environ 5.000 entreprises du secteur se sont enregistrées durant l'été auprès des autorités chinoises de la concurrence, dont 3.500 entreprises françaises, pour répondre aux exigences de la procédure".

Ces entreprises ont jusqu'à la mi-octobre pour fournir toutes les données demandées par Pékin pour mettre au clair leur comptabilité. Ensuite, la Chine décidera si elle met ses menaces de taxes douanières contre le vin et le champagne européen à exécution.

L'enquête antidumping a été ouverte début juillet pour un an. D'autres rebondissements sont donc à prévoir cet automne et durant l'hiver.

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Commentaires
a écrit le 27/09/2013 à 21:23 :
Avec le climat que nous avons, le savoir faire, je ne vois pas l'intérêt de subventionner notre vin, sans doute ils en sont encore à 15/20 hecto par hectare, sans aller jusqu'aux vignes de cognac, 200 hectolitres à l'hectare (et assez buvable), on a de la marge sous le pied.
je me souviens des années 60 , 40 officiels et 60 vendus sous le manteau tout aussi bon, lol!
a écrit le 27/09/2013 à 19:05 :
Pour racheter nos vignobles et produire ensuite du vin français à exporter en masse vers la Chine et donc pour faire baisser les prix.


a écrit le 27/09/2013 à 16:29 :
c'est quand même étonnant de voir..... les chinois demander la transparence des comptes...... s'il y a bien un pays ou il n'y a aucune transparence, c'est bien la chine....... et l'europe accepte ça sans bouger.....pour que l'allemagne puisse exporter ses machines outils.... et ses voitures...

au fait, ils n'ont qu'à acheter du lait allemand les chinois....... ha bon, ils n'nt pas confiance? ils ont raison...... les usines à lait allemande à 1000 vache par exploitation sont des nids à antibiotique....... c'est pas cher mais c'est dommageable pour la santé.....
Réponse de le 27/09/2013 à 19:04 :
Le monde évolue vous croyez encore le votre parfait moi non!!
Réponse de le 27/09/2013 à 19:29 :
Parfaitement d'accord avec curieux37. Les Allemands ont très bien joué , leur panneaux sont protégés, notre vin va trinquer (mauvais jeu de mot malheureusement).
a écrit le 27/09/2013 à 15:18 :
C'est le monde à l'envers , les chinois qui accusent les producteurs français de faire du dumping alors que eux payent une misère les employés de leur usine. Il ya une multiplication des procés envers les multinationales étrangers installées en Chine sous duvers préxetes depuis quelques temps. Les sociétés agro alimentaires sont particulièrement visées., surtout celles qui concurrencent les producteurs chinois. On sait aussi que la Chine veut recentrer son économie sur la demande intérieure. Copier , contrefaire des produits occidentaux,envoyez des chinois en Afrique pour vendre du made in China dont bcp d'articles sont interdis en Europe car dangereux pour la santé et maintenant attaquer des producteurs français pour des raisons inaviuées, en résumé de la prédation économique.
Réponse de le 27/09/2013 à 19:06 :
Bientôt ici plus misère que eux a l'avenir!!
a écrit le 27/09/2013 à 15:16 :
Merci de prendre note que le C.I.V.B. n'est pas un Comité mais le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux.
a écrit le 27/09/2013 à 14:50 :
Et le lait Français que les Chinois réclament à tour de bras ( le leur est frelaté....) il n' est pas subventionné ?.
Pas de vin pas de lait, allez le Foll tu as des arguments . Et puis s'ils n'en veulent pas on se forcera..
a écrit le 27/09/2013 à 14:20 :
Question bizness les chinois ne sont pas nés de la dernière pluie,en plus ils ont le choix,Californie,
Australie,Afrique du sud etc...Quand au ministre qui se dérobe rien d'étonnant à cela,c'est pas son boulot la médiation ?.Soit dit en passant que les chinois parle de dumping,c'est cocasse,eux qui casse les prix
effectuent des copies,à tour de bras,ils ont pas honte les camarades.
a écrit le 27/09/2013 à 14:19 :
Le gouvernement chinois mene depuis plusieurs une vaste campagne pour restreindre l'utilisation du riz à la consommation nutritive. Il souhaite donc arrêter ou limiter la production d'alcool de riz. Il incite à orienter la consommation vers le vin.

Les chinois sont amateurs de vin chers par snobisme et représentation sociale. Mais il n'aime et ne respecte pas le produit. Toutefois il y a toujours des exceptions.
a écrit le 27/09/2013 à 13:48 :
Ridicule. Les Chinois sont amateurs de bière. Pas de vin.
a écrit le 27/09/2013 à 13:20 :
Mais nous les amteurs de grands crus bordelais seront contents de voir la bulle des prix dégonfler..Parce que 500 euros la bouteille d'un premier voire 1000 euros sur les 2009 et 2010, çà fera du bien à tout le monde.
Réponse de le 27/09/2013 à 14:01 :
Selon les Chinois c'est du dumping, donc pas assez cher !

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