SmartWatch : l'horlogerie suisse contrainte de mener une course contre la montre?

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L'horlogerie Suisse aurait-elle pris un retard rédhibitoire sur le marché des SmartWatch ? C'est ce qu'affirme l'industriel Ernst Thomke, un des pères de la célèbre montre Swatch. Ce dernier a vertement critiqué les récentes orientations de l'industrie horlogère suisse, dans une interview publiée ce jeudi par le journal Le Temps.
Agé de 74 ans, Ernst Thomke affirme que les SmartWatch, ces montres connectées à internet, vont se développer "loin des frontières" de la Suisse, aux "Etats-Unis, au Japon et en Corée du Sud."
Selon lui :
En effet, une pléthore de grandes groupes sont en train de débouler sur ce marché naissant : après sa SmartWatch, Sony va bientôt sortir sa SmartWatch 2, Apple est présent avec ses iWatch, Samsung avec son Galaxi gear, Qualcomm avec sa Toq, Adidas et Garmin vont proposer des montres connectées à destination des sportifs (pour les golfeurs et coureurs à pied) et on a appris il y a quelques jours qu'HTC serait en train de mettre son modèle au point pour une commercialisation en 2014.
Et si cette meute d'industriels est en train de se ruer sur ce nouveau secteur, c'est que ce dernier est prometteur. Le cabinet de conseil ABI Research a ainsi estimé que le nombre de ventes de ces produits pourrait se monter à 485 millions d'ici 2018.
Mais les inquiétudes de Ernst Thomke seraient cependant à nuancer. Il y a quelques jours, Louis Treussard, CEO de l'Atelier BNP Paribas, affirmé ainsi sur latribune.fr que :
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Par ailleurs, les griefs de Ernst Thomke vont au-delà de la seule question du positionnement de l'horlogerie suisse sur le marché des SmartWatch. Il a regretté que cette industrie se soit spécialisée dans le "segment du luxe, avec des prix surfaits, très loin de toute réalité industrielle. C'est malheureusement tout ce pan, fait de savoir-faire et de métiers d'art, qui risque de disparaître. (...) on préfère se concentrer sur des montres onéreuses, voire inaccessibles pour le commun des mortels, que tout le monde veut alors que personne n'en a fondamentalement besoin."
Conséquence, selon lui, de nombreuses petites et moyennes entreprises de la branche risqueraient de disparaître dans les années à venir.
Mais l'industrie horlogère suisse a cependant encore de beaux jours devant elle, a-t-il poursuivi, en raison du statut attaché à la possession d'une belle montre. "Tant que certaines personnes ont besoin d'une Mercedes, d'une Porsche et d'une montre de luxe au poignet pour se sentir supérieures, alors les perspectives demeurent roses " pour le secteur.
La Fédération horlogère suisse a publié ce mardi le chiffre des exportations du mois de septembre, en forte hausse de 8,5% à 1,9 milliard de francs suisses, soit 1,58 milliard d'euros. De quoi semble-il inciter les acteurs du secteur à se désintéresser des SmartWatch.
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