A rebours de la crise du vin, les Bourguignons replantent des vignes
Amandine Ibled
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Replantation de vignes dans l'agglomération dijonnaise
Dijon métropole
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Replantation de vignes dans l'agglomération dijonnaise
Dijon métropole
La décision est tombée le 4 octobre dernier. La Commission européenne a donné son feu vert à la France pour la mise en place de l'arrachage définitif des vignes. Une mesure historique réclamée par la profession elle-même pour faire face à la surproduction de vins, notamment dans le Bordelais qui a déjà commencé à arracher plus de 8.000 hectares. En cause : le dérèglement climatique entrainant de mauvaises récoltes, la baisse de la consommation de vin et une très vive concurrence.
Mais « en Bourgogne, l'arrachage ne nous concerne pas, car notre région ne fait pas face à une situation de surproduction », précise le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB).
La particularité des vignobles bourguignons réside dans leurs Climats, ces petites parcelles de vignes délimitées et nommées depuis des siècles. Au nombre de 1 247, les Climats s'étendent sur un mince ruban d'environ 60 kilomètres de long, de Dijon au sud de Beaune. Les Climats du vignoble de Bourgogne ont été inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2015, ainsi que le centre-ville de Dijon. A priori, jusqu'ici, chaque mètre carré de ces terroirs convoités était exploité par les vignerons. Dès lors, pas de possibilité pour les vignerons de diversifier leur domaine ou pour des jeunes vignerons de devenir propriétaire de nouvelles terres.
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Mais depuis une dizaine d'années, Dijon métropole renoue avec son passé et entreprend une reconquête de son vignoble disparu. En 2013, alors que les dossiers pour l'UNESCO et la « Cité internationale de la gastronomie et du vin » sont en cours, la métropole rachète pour un montant total d'1,3 million d'euros, au groupement foncier agricole « de la Cras » et à la SAFER de Bourgogne-Franche-Comté, des terres aux portes de l'agglomération. Elles seront ensuite consenties à la chambre d'agriculture de la Côte-d'Or, pour un bail d'une durée de 40 ans. Les terres ont été confiées aux viticulteurs, après appels d'offres, via des baux ruraux moyennant un fermage en numéraire au profit de la Chambre mais également un fermage en bouteille, soit en nature avec environ 3.000 bouteilles par an au profit de Dijon métropole.
Amandine Ibled