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La production mondiale de vin à son plus bas niveau depuis soixante ans

latribune.fr

Publié le 07 novembre 2023 à 18:11 - Mis à jour le 07 novembre 2023 à 18:17

La France, avec une production stable, redevient quant à elle le premier fournisseur de vin au monde devant l'Italie.

La France, avec une production stable, redevient quant à elle le premier fournisseur de vin au monde devant l'Italie.

ARDEE NAPOLITANO

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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La production mondiale de vin n'a jamais été aussi faible. La faute aux phénomènes climatiques qui ont durement frappé les vignes cette année, selon l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). Certains pays sont plus touchés que d'autres, à commencer par celui qui occupait, jusqu'alors, la première place de producteur mondial : l'Italie, détrônée cette année par... la France.

Gels, pluies diluviennes, mildiou, sécheresses... La production mondiale de vin a chuté cette année de 7%, à son plus bas niveau depuis 1961, selon une estimation de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), publiée ce mardi 7 novembre.

Au total, ce sont entre 241,7 et 246 millions d'hectolitres qui ont été produits, selon des informations collectées par l'OIV dans 29 pays représentant 94% de la production mondiale.

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Les vignes fortement touchées par les aléas climatiques

Les phénomènes qui ont affecté la vigne cette année sont très disparates et il n'a pas encore été démontré qu'ils étaient directement liés au changement climatique, assure Inaki Garcia de Cortazar-Atauri, de l'institut de recherche agronomique Inrae.

En revanche, 

« on peut faire le constat qu'on a de plus en plus d'événements extrêmes récurrents

 » comme les canicules ou d'importantes dans certaines zones, qui se rajoutent à des fléaux connus depuis longtemps comme le mildiou, complète ce spécialiste de l'impact du changement climatique sur l'agriculture.

La France devient le premier producteur mondial de vin, devant l'Italie

Pour sa part, l'Italie, se retrouve particulièrement touchée et perd sa place de premier producteur mondial. La France, avec une production stable, redevient quant à elle le premier fournisseur de vin au monde devant l'Italie, où la production a chuté de 12%, relève l'OIV dans sa première évaluation des vendanges 2023. Avec 504 variétés de vignes exigeant chacune un temps de maturation différent, le pays est particulièrement 

« exposé aux effets d'une météo capricieuse, étant donné que les opérations de récolte y durent plus de 100 jours, soit la durée la plus longue d'Europe 

», soulignait récemment le principal syndicat agricole Coldiretti.
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Les conséquences des fortes pluies dans le pays par exemple sont aussi liées à l'artificialisation des sols, explique à l'AFP Inaki Garcia de Cortazar-Atauri. Dans l'hémisphère nord, à l'instar de l'Italie, la production viticole a particulièrement pâti de divers aléas en Espagne (-14%) et en Grèce (-45%).

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De forts contrastes en France

En France, même si la production se stabilise dans son ensemble, il existe de fortes disparités, relève l'OIV. Le Bordelais et la région du sud-ouest ont fait face à la propagation du mildiou tandis que le Languedoc-Roussillon a été affecté par des vagues de chaleur et la sécheresse. Dans le Bordelais, la commission européenne a même donné son feu vert début novembre au plan d'arrachage sanitaire de vigne. Cette aide destinée aux viticulteurs, financée par l'Etat et l'Union Européenne, permet de lutter contre la flavescence dorée, une maladie qui menace les vignes laissées à l'abandon.

En revanche, des volumes « 

particulièrement importants

 » sont attendus dans le Cognac, en Corse et en Champagne, souligne l'OIV. En Bourgogne, les vignerons misent cette année sur une récolte prometteuse.

Une baisse de la production qui n'est pas une si mauvaise nouvelle...

Quelques pays ont en revanche tiré leur épingle du jeu, à commencer par les Etats-Unis, qui conservent leur place de 4e fournisseur mondial, à la faveur de températures fraîches et de fortes pluies hivernales dans les régions viticoles de Napa et de Sonoma.

La baisse de la production n'est toutefois pas forcément une mauvaise nouvelle, relève l'OIV :

«Avec une consommation mondiale en déclin et des stocks élevés dans de nombreuses régions du monde, cette faible production attendue pourrait rééquilibrer le marché mondial», souligne l'organisation.
De plus, le repli de la production italienne « 

est plutôt une bonne nouvelle

 » car elle devrait alléger la pression sur les prix, a estimé de son côté Jean-Marie Cardebat, spécialiste de l'économie du vin à l'Université de Bordeaux.

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Le fait que la France redevienne premier producteur mondial laisse cependant indifférent le président des Vignerons coopérateurs de France, Joël Boueilh. 

« J'ai plutôt envie d'avoir des vignerons qui produisent des vins qui se vendent bien

 », arguait-il lors d'un point presse mi-octobre, alors que les Français, notamment les jeunes, consomment de moins en moins de vin. Pour contrer la baisse de la consommation de vins, accentuée par la baisse du pouvoir d'achat, l'Union Européenne a même autorisé à verser une aide au secteur viticole afin de permettre aux producteurs de détruire leurs vins.

(Avec AFP)

latribune.fr

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