La monoculture de la vigne trouve ses limites à Bordeaux

Maxime Giraudeau
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8.000 hectares de vigne finissent d'être arrachés à Bordeaux. Entre la réduction des surfaces et des récoltes en berne à cause de la météo, les exploitations n'ont jamais été autant dans le dur économiquement, estiment, les uns après les autres, les observateurs du cru. « Il y a un chat noir sur la Gironde », peste-t-on à la chambre d'agriculture. Personne ne s'en réjouit. Mais il y a, dans certains rangs, un sentiment de revanche chez ceux qui n'ont pas fait allégeance à l'appel du vin.
« Pendant des années, il n'y a que la viticulture qui existait en Gironde. L'élevage était mal regardé et considéré comme un milieu qui n'avait pas su évoluer », veut rappeler Philippe Nompeix. Le directeur de la coopérative des éleveurs girondins l'affirme, ses collègues se sont longtemps sentis méprisés par l'influent milieu viticole. Voir aujourd'hui certains vignerons s'en repentir et peut-être revenir à l'élevage crée quelque peu la surprise.
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Faire pâturer des bêtes à la place des rangs de vigne arrachés ? L'idée circule en Gironde. Mais elle se heurte à un choc psychologique. « Pour eux, redevenir éleveur c'est presque régresser socialement », dit carrément François Rauscher, le monsieur diversification de la chambre d'agriculture départementale. « Quand je suis arrivé en 1995, il fallait planter et se débarrasser de toutes les autres productions. Passer d'agriculteur à viticulteur était vécu comme une ascension sociale », raconte-t-il à La Tribune.
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