L’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) a officiellement déménagé de la capitale pour s'installer à Dijon dès ce mois d’octobre, coïncidant avec la tenue du 45e congrès mondial du vin. Si ce transfert du siège est principalement motivé par des raisons budgétaires, la ville bourguignonne compte faire rayonner l'institution jusqu’en Chine.L'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) est en quelque sorte « l'ONU du vin ». Elle est l'organisme qui orchestre, réglemente la production et le commerce du vin dans le monde entier. Créée en 1924, l'OIV fête ses 100 ans dans un contexte économique et écologique très tendu : phylloxera (puceron venu d'Amérique), surproduction viticole, baisse de la consommation, changement climatique... Combinés, ces enjeux ont largement impacté la production mondiale de vin qui a baissé de plus de 10 % en une vingtaine d'années, rappelle l'organisation.
Parmi les 50 pays membres qui cotisent à l'OIV, qui représentent à eux seuls 70% de la production mondiale et 90% de la consommation mondiale de vin, on compte l'Espagne et l'Italie (plus gros exportateurs de vins en volume en 2022) et le Portugal, premier pays consommateur par habitant, mais aussi des pays plus inattendus comme l'Ouzbékistan et l'Azerbaïdjan. Le grand absent reste les Etats-Unis, le plus gros consommateur au monde.
Le budget de l'OIV avoisine 2,5 millions d'euros, sans compter le congrès annuel et le personnel des délégations. En 2019, face à des contraintes budgétaires et à l'échéance de son bail, la question du déménagement de l'organisation, historiquement basée rue d'Aguesseau dans le 8e arrondissement de Paris, est rapidement devenue incontournable.
De Paris à Dijon
Le secrétariat doit donc trouver des bureaux provisoires où s'installer. L'OIV occupe d'abord un bâtiment de la rue de Monceau dans le même arrondissement parisien, mais le siège définitif doit être fixé en juillet 2021. « A Paris, il était difficile de retrouver un autre bâtiment avec les mêmes conditions et qui répondait aux besoins de l'OIV en tant qu'organisme international », confie Daniela Costa, chargée de communication à l'OIV. L'organisme fonctionne avec 18 salariés permanents mais réunis plusieurs fois par an ses experts, qui sont alors plus de 500, voire 1500 lors du congrès mondial annuel. Ce qui nécessitait la location de salles de réunions annexes très coûteuses.