Mercosur : le gouvernement va proposer un débat et un vote au Parlement
latribune.fr
Le gouvernement de Michel Barnier va proposer un débat et un vote au Parlement sur le traité de libre-échange avec le Mercosur comme la Constitution l'y autorise.
Alors que la France s’oppose au traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, le gouvernement de Michel Barnier a fait savoir ce mardi qu’il allait proposer un débat et un vote sur le sujet au Parlement.
[Article publié le mardi 19 novembre à 7h28 et mis à jour à 17h35] Sur le Mercosur, la France n'entend rien lâcher. Ce mardi, le gouvernement de Michel Barnier a fait savoir qu'il allait proposer au Parlement français un débat suivi d'un vote sur le sujet.
Et ce, « en accord avec les groupes du socle commun » de la droite et du centre qui le composent, conformément à l'article 50-1 de la Constitution. La ministre des Relations avec le Parlement Nathalie Delattre devait faire cette proposition ce mardi matin à la conférence des présidents de l'Assemblée nationale. La présidente de la Chambre basse, Yaël Braun-Pivet, a annoncé ce mardi que ce débat suivi d'un vote se tiendrait à l'Assemblée nationale le 26 novembre.
« J'entends la colère, les tensions, l'incompréhension des agriculteurs sur le projet d'accord UE-Mercosur. La France y est fermement opposée », a rappelé sur X le Premier ministre Michel Barnier, en annonçant son intention de faire une déclaration à l'Assemblée nationale suivie d'un débat sur ce traité commercial.
Interrogée ce matin sur TF1, la porte-parole de l'exécutif Maud Bregeon a indiqué « qu'il est légitime que l'Assemblée nationale puisse s'exprimer sur la question, il y a beaucoup de députés qui sont concernés parce qu'ils ont des agriculteurs dans leurs circonscriptions et, de façon générale, parce que ça concerne l'ensemble des Français ».
Par ailleurs, la France continuera à « tenir un bras de fer aussi longtemps que nécessaire » avec la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen contre le traité commercial de libre-échange UE-Mercosur, a ajouté la porte-parole du gouvernement.
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La France n'est « pas isolée », selon Macron
A l'échelle européenne, depuis le sommet du G20 au Brésil, Emmanuel Macron a affirmé lundi que la France n'était « pas isolée » dans son opposition « en l'état » à cet accord commercial.
«Depuis plusieurs mois, plusieurs années, on travaille. Donc on réunit, on rassemble »,a dit le président français, assurant« travailler avec tous ceux qui ont les mêmes préoccupations, Polonais, Autrichiens, Italiens et plusieurs autres en Europe ».
Dans son refus du Mercosur, la France peut notamment s'appuyer sur l'Italie. Lundi, le ministre italien de l'Agriculture Francesco Lollobrigida a fait savoir qu'il considérait que cet accord n'était, « sous sa forme actuelle », « pas acceptable ». Mais pour être sûr de pouvoir s'opposer à ce traité, la France doit réunir une minorité de blocage au sein de l'UE, ce qui n'est pas gagné.
Mobilisé contre le traité,le président de la FNSEA Arnaud Rousseau s'est « réjoui » lundi sur France 5 de la position italienne alors « qu'on disait que l'Italie était déjà rangée du côté des favorables ».
Reste une grosse épine dans le pied de la France : son voisin allemand est, lui, très favorable au traité de libre-échange. « Après plus de vingt ans [de négociations, Ndlr] nous devons maintenant enfin finaliser l'accord de libre-échange avec le Mercosur », a déclaré Olaf Scholz, le chancelier allemand, lors d'une conférence de presse, en marge du Sommet du G20 à Rio de Janeiro. « Nous avons besoin de davantage d'accords de libre-échange. Le monde change. »
La mobilisation des agriculteurs s'intensifie dans l'Hexagone
Très remontés contre le traité de libre-échange, les agriculteurs mènent des actions depuis dimanche partout en France. Lundi, l'alliance majoritaire FNSEA Jeunes agriculteurs (JA) a annoncé « 85 points de manifestation » à travers le pays mais sans aucun blocage autoroutier. Les autorités ont recensé « une quarantaine d'actions » mobilisant 2.500 personnes, selon une source policière.
Toute la journée de lundi, la FNSEA et son allié JA ont multiplié les symboles. Les organisations ont planté des croix dans le Var pour évoquer le péril selon eux mortel que court l'agriculture française. Elles ont bloqué le pont de l'Europe reliant Strasbourg à l'Allemagne pour lancer un message à la Commission européenne, qui semble déterminée à conclure rapidement l'accord de libre-échange.
Ce mardi, un convoi d'agriculteurs fait route depuis 7h vers la frontière franco- espagnole. Roulant sur une seule file de l'A9, une centaine de véhicules dont six tracteurs sont passés par Narbonne, où ils ont été rejoints par une douzaine de voitures, a constaté un correspondant de l'AFP. Avant de poursuivre vers le péage du Boulou, entre la France et l'Espagne, où ils comptent bloquer les camions et filtrer les véhicules légers tentant d'entrer dans l'Hexagone.
La Coordination rurale a attendu la tenue de son congrès (ce mardi et mercredi) pour amplifier sa mobilisation. Elle promet « une révolte agricole » avec un « blocage du fret alimentaire » si elle n'obtient pas de réponse à ses demandes (baisse des charges sociales, fiscales et du coût du carburant agricole, notamment). De son côté, la FNSEA répète à l'envi qu'elle ne veut « pas ennuyer les Français », cherchant ainsi à se démarquer de la Coordination rurale (CR, deuxième syndicat agricole), coutumière des actions coup de poing et qui a beaucoup gagné en visibilité l'hiver dernier.