L'agriculture est le seul secteur économique à bénéficier d'allègements fiscaux, impliquant des « efforts financiers très importants », admet le gouvernement. Il espère toutefois obtenir encore plus.À ce stade, il aurait été difficile d'obtenir plus. Grâce à la colère exprimée l'hiver dernier, dont le feu couve encore après un été catastrophique, les agriculteurs font figure de rescapés du vent d'austérité qui souffle sur le budget 2025.
Dans les nouveaux projet de loi de finances (PLF) et projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), les promesses qu'ils avaient réussi à arracher au gouvernement en début d'année ont quasiment toutes été tenues, même lorsqu'elles impliquent des réductions des recettes. C'est ainsi le seul secteur économique qui bénéficie d'allègements fiscaux, impliquant des « efforts financiers très importants », admet le ministère de l'Agriculture.
Retour en arrière définitif sur le GNR
Afin d'« accompagner le secteur agricole en sortie de crise », « plusieurs mesures pérennes » d'allègement fiscal sont en effet prévues dans le PLF, représentant globalement un manque à gagner pour l'Etat de 394 millions d'euros. Le PLF confirme notamment l'abandon par l'exécutif du relèvement de la fiscalité sur le gazole agricole (GNR), malgré une perte de 160 millions d'euros de recettes.
En effet, la loi de finances pour 2024 prévoyait une hausse progressive du tarif réduit d'accise applicable au gazole consommé pour les besoins des travaux agricoles et forestiers à compter du 1er janvier 2024. Mais, alors même qu'elle avait été négociée entre les principaux syndicats agricoles et le gouvernement, la mesure avait été très mal accueillie par les agriculteurs, et faisait partie des facteurs ayant déclenché leur mouvement de protestation. Le gouvernement l'avait abandonnée dès la fin de janvier 2024. Le PLF 2025 maintient donc le tarif applicable jusqu'au 31 décembre 2023, avec vigueur rétroactive.