Fragilisé depuis la crise sanitaire, le secteur, qui joue le rôle de locomotive locale, n’a pas retrouvé ses marges. Pire, les entreprises bretonnes affichent un déficit notable d’investissement dans la R&D.Dès janvier, la Note de Tendances annuelle de l'ABEA - le réseau de l'agroalimentaire breton - tirait la sonnette d'alarme : en 2024, la fragilité économique des industries agroalimentaires (IAA) touchait particulièrement les entreprises bretonnes. Dans la première région agroalimentaire de France, la rentabilité des ETI, TPE et PME s'est nettement détériorée l'an dernier, avec à la clé plusieurs fermetures ou cessions de sites emblématiques, comme Quintin Viandes ou Saupiquet.
Six mois plus tard, une étude sur la situation économique et financière des industries agroalimentaires, commandée par la Région Bretagne à La Banque de France, entérine ce constat : la fragilité des entreprises est notamment marquée par la baisse de niveau de valeur ajoutée et un déficit notable d'investissement dans la R&D.
Baisse du résultat sur cinq ans
« La Bretagne est plus complexe et diversifiée que ce qu'on veut voir habituellement. Sur 1.200 entreprises, 88% sont des PME-TPE et ETI, contre 12% de grands groupes », a précisé, en préambule, Claudine Hurman, directrice générale de la Banque de France en Bretagne, vendredi lors de la présentation de l'étude, à l'issue de l'assemblée générale de l'ABEA.
« Le périmètre de cette étude concerne 606 entreprises couvrant tous les secteurs (viande, légumes-conserves, lait, nutrition animale, farine et boissons) et représentant plus de 70.000 salariés pour 34,3 milliards de chiffre d'affaires, dont 4,8 milliards d'euros à l'export. Entre 2019-2020 et 2022-2023, l'évolution du chiffre d'affaires montre une dynamique identique mais une tendance baissière pour ce qui est de la valeur ajoutée » ajoute la directrice de la Banque de France.