Aux Etats-Unis, Amazon Prime passe à l'adresse de livraison unique

Le géant américain du commerce sur Internet cherche plus que jamais des relais de croissance.
Gustavo Graf Maldonado

Le géant américain du commerce sur Internet cherche plus que jamais des relais de croissance.
Gustavo Graf Maldonado
Les abonnés d'Amazon Prime ne pourront bientôt plus, aux Etats-Unis, faire bénéficier leur famille et leurs amis de leurs avantages. «Nous vous informons que le programme Prime Invité, qui permettait de partager la livraison rapide et gratuite de Prime avec d'autres personnes, prendra fin le 1er octobre 2025 », a annoncé l'entreprise début septembre.
Un porte-parole interrogé par CNBC a expliqué que le géant américain souhaitait remplacer cet avantage par celui baptisé Amazon Family. Ce service offert aux membres Prime leur permet de partager la livraison gratuite et d'autres avantages avec un autre adulte, quatre enfants et jusqu'à quatre adolescents ajoutés avant le 7 avril 2025. Avec une condition cependant : que tous les utilisateurs partagent la même adresse.
Si l'entreprise créée par Jeff Bezos n'a pas justifié son choix, des observateurs estiment que cette annonce pourrait servir à augmenter le nombre d'abonnements.
Amazon Prime est, en effet, un moteur de croissance clé pour l'entreprise. Le programme a généré 23,90 milliards de dollars (20,34 milliards d'euros) de revenus d'abonnement au premier semestre 2025. Aux États-Unis, son plus grand marché, les membres Prime ont dépensé en moyenne 1 170 dollars (995 euros) sur Amazon en 2024, contre 570 dollars (485 euros) pour les non-membres, selon Consumer Intelligence Research Partners.
Mais la croissance des comptes premium semble de plus en plus irrégulière. Certes, au cours de l'événement de quatre jours, Amazon a enregistré 1,6 million d'abonnés Prime aux États-Unis, dépassant ainsi un objectif interne d'environ 6 %. Mais durant les trois semaines précédant le Prime Day, un indicateur interne mis au jour par Reuters a révélé que l'entreprise a enregistré 3,9 millions de nouveaux membres Prime aux États-Unis. C'est 185 000 de moins que pendant la même période en 2024 et, surtout, 193 000 de moins que son objectif 2025. Contraindre le partage des abonnements pourrait donc potentiellement inciter davantage de clients à opter pour l'offre prime à 69,99 euros par an.
Le géant du commerce en ligne ne sort pas cette stratégie de son chapeau. Il ne fait que copier un autre géant américain de la tech : Netflix. Depuis juin 2023, la plateforme de streaming a mis fin à la possibilité de partager son compte avec d'autres utilisateurs situés en dehors du foyer familial d'un abonné. Donner accès à une personne tierce accès à son compte est toujours possible... à condition de payer 5,99 euros par mois.
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Le géant du streaming a lancé ce pavé dans la mare afin d'augmenter encore son nombre d'abonnés. L'entreprise américaine estimait qu'environ 100 millions de foyers dans le monde accédaient à ses services sans payer. Une incitation à marche forcée que souhaite donc imiter Amazon.
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Et pour cause, l'entreprise américaine cherche plus que jamais des relais de croissance, notamment pour compenser les potentielles conséquences négatives des droits de douane de 30 % que les États-Unis ont mis en place sur les produits importés de Chine. Plusieurs économistes et associations professionnelles américaines prévoient que les vendeurs répercutent ces surcoûts sur les prix de vente, ce qui pourrait freiner les achats. Un scénario qui, s'il se matérialise, risque de sérieusement nuire au géant du commerce sur Internet.