Casino : le fonds Attestor va retirer sa participation de la maison mère
latribune.fr
Le groupe Casino, qui comptait encore 200.000 salariés dans le monde et 50.000 en France fin 2022, revendique désormais 25.000 salariés et 7.700 magasins
STEPHANE MAHE
Casino : le fonds Attestor va retirer sa participation de la maison mère
Le fonds britannique, membre du consortium de repreneurs du distributeur, compte sortir du capital de la holding d'ici l'été 2025.
Le fonds britannique Attestor, qui faisait partie du consortium de repreneurs de Casino aux côtés des milliardaires Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière, prévoit de sortir du capital de la holding du distributeur d'ici l'été 2025, selon un communiqué de Casino mercredi. Le fonds est par ailleurs directement actionnaire de Casino à hauteur d'environ 10%, rappelle Casino, sans préciser ce qu'il pourrait advenir de cette participation.
Le distributeur, contrôlé depuis mars par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, indique avoir été informé mardi de « la conclusion d'un contrat de cession d'actions en vue du transfert » par Trinity, société gérée par Attestor, à EPEI, société contrôlée par Daniel Kretinsky, « de sa participation de 7,65% dans France Retail Holdings ». Cette dernière est le nom de la holding par laquelle le consortium des repreneurs de Casino détient le contrôle du distributeur. 53,04% du capital de Casino est en effet à date détenu par cette holding.
« Cette cession n'aurait pas d'incidence sur la répartition du capital et des droits de vote de Casino, qui resterait ultimement contrôlée par Daniel Kretinsky », précise Casino.
Le pacte d'actionnaire délié
Cette opération, programmée « d'ici le 30 juin 2025 sous réserve » de l'obtention des autorisations nécessaires, délie le pacte d'actionnaires entre les trois acteurs qui ont pris le contrôle du distributeur lors d'une procédure de sauvegarde accélérée d'ampleur. Thomas Doerane, représentant du fonds britannique, « démissionnerait de son mandat de censeur au sein du conseil d'administration et du comité stratégique de Casino, avec effet au jour de la réalisation de la cession », précise le distributeur.
Fin avril, l'Autorité des marchés financiers avait indiqué que Daniel Kretinsky, Marc Ladreit de Lacharrière et le fonds Attestor détenaient à eux trois les deux tiers du capital du groupe et des droits de vote. Elle détaillait alors que France Retail Holding (FRH) était contrôlée à près de 77% par les sociétés du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. La holding du milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière (Fimalac) en détenait 15,4% et Trinity, 7,65%, précisait l'AMF.
Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière, importants actionnaires du distributeur avant leur dilution dans le cadre des augmentations de capital de fin mars, n'étaient que marginalement actionnaires directs du distributeur, avec seulement 0,03% du capital chacun. Trinity l'était plus significativement, alors à 11,52%, à la suite de « l'exercice de bons de souscription d'actions nouvelles (BSA) ».
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
Un périmètre divisé par 8 en moins de deux ans : le groupe Casino, qui comptait encore 200.000 salariés dans le monde et 50.000 en France fin 2022, revendique désormais 25.000 salariés et 7.700 magasins, dont seulement 248 à l'étranger. Et ce, sous sept enseignes : Monoprix, Franprix, Vival, Spar, Casino, Naturalia, ainsi que le commerçant en ligne CDiscount. Le précédent premier actionnaire et dirigeant, Jean-Charles Naouri, avait fait grossir le groupe par des acquisitions majoritairement financées par de la dette. Elle a dû être restructurée dans d'importantes proportions mi-2024.
Cette restructuration a notamment été permise par l'apport de nouveaux capitaux des milliardaires Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière et du fonds Attestor, en contrepartie de la prise de contrôle du distributeur.
Ils ont ensuite installé à la direction générale Philippe Palazzi, ancien de Métro et de Lactalis, alors qu'était dans le même temps cédé la grande majorité des magasins grands formats du groupe d'origine stéphanoise, son activité historique.
Casino a redit la semaine dernière viser une « croissance rentable et responsable », notamment en assumant davantage son identité de franchiseur. Après la cession de l'essentiel de ses super et hypermarchés, plus de quatre magasins sur cinq restant dans son périmètre sont déjà exploités en franchise. Le groupe, qui met en œuvre des plans sociaux menaçant au total 3.000 emplois selon les syndicats, a précisé que moins d'une dizaine de magasins Casino n'avaient toujours pas trouvé preneur et pourraient donc, à terme, fermer leurs portes.