Comprendre la novel food en trois questions
Patrick Cappelli
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Si vous avez déjà mangé des insectes à l'apéritif ou bu du jus de noni pour booster vos défenses immunitaires, vous êtes sans le savoir adepte de la novel food. Sous ce terme se cache l'ensemble des aliments peu ou pas consommés dans la communauté européenne avant le 15 mai 1997. Avec la mondialisation, les coutumes alimentaires des habitants des pays lointains arrivent chez nous dans les bagages des voyageurs. La science, elle, permet d'extraire des principes actifs de certaines plantes ou animaux inconnus dans nos contrées. Ces nouveaux aliments peuvent être d'origine animale (insectes, extrait de krill), végétale (pulpe déshydratée de fruit de baobab, gomme de guar), issue de micro-organismes (champignons, algues) ou posséder une structure moléculaire modifiée (nanotechnologie, chimie). La viande cultivée in vitro (lire l'interview de Didier Toubia, fondateur d'Aleph Farms page 116, ndlr), qui n'est pas encore autorisée en Europe, peut être considérée comme une novel food.
Les OGM, les enzymes, les additifs et les arômes font l'objet d'une réglementation différente. Depuis 2018, c'est l'Efsa, l'Autorité européenne de sécurité des aliments, qui autorise ou non la mise sur le marché dans chaque État membre de l'Union européenne de ces aliments inconnus dans nos assiettes jusqu'à présent.
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La liste évolue sans cesse. Dernière novel food autorisée en date : de la poudre de champignon de Paris contenant de la vitamine B2. Le nouvel aliment le plus médiatisé est sans conteste les insectes. Majoritairement produits pour la nourriture animale, ils commencent à se faire une place sur nos tables basses à l'apéritif. Les marques Jimini's, Insecteo ou Micronutris proposent grillons et criquets entiers, ou sous forme de poudre dans des barres protéinées, des pâtes, des crackers, du pain, etc. La France est en pointe sur ce nouveau marché en plein boom avec ses pépites de la foodtech : Ÿnsect, leader du secteur qui a levé 360 millions d'euros depuis sa création il y a dix ans, InnovaFeed (200 millions depuis 2016) et Agronutris (100 millions en septembre 2021). Le marché principal d'Ÿnsect est celui de l'alimentation animale, mais la licorne a créé récemment une business unit dédiée à l'alimentation humaine pour exploiter le Tenebrio molitor, ou ver de farine, une espèce de scarabée riche en protéines.
Patrick Cappelli
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