Mieux produire pour manger bien : vers une troisième révolution agricole
Laurent-David Samama
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Serions-nous en train de vivre la troisième révolution agricole, après celle du Néolithique et celle de l'après-guerre ? Il y a plusieurs raisons de le croire, tant les habitudes des consommateurs ont évolué au gré de la prise de conscience climatique et de la volonté de préserver un environnement malmené. Après la course effrénée aux rendements et l'avènement de la mécanisation dans toutes les exploitations, voici que nous serions à l'aube d'un nouveau changement de paradigme. « Les demandes des consommateurs, explique Frédéric Martin, président d'Axema (syndicat des industriels de l'Agroéquipement), les attentes de la société, les évolutions réglementaires installent toutes un principe de qualité élargie. Il s'agit de la qualité des productions agricoles - largement acquise - et aussi de la qualité de vie des agriculteurs, de la qualité environnementale de l'agriculture, de la qualité des conditions d'élevage des animaux. » Cette fois donc, pas de doute : il n'y aura pas de transition agricole sans transition alimentaire ! Car si les deux premières révolutions se caractérisèrent par le passage d'un cap en termes de maîtrise technique, la troisième se caractérise par une prise de conscience du consommateur et des agriculteurs. Le changement est ainsi, avant toute chose, une évolution des mentalités. Comme si, après avoir longtemps exploité ses fruits en imaginant le processus illimité et automatique, on avait soudainement pris conscience de la finitude de la terre. Et surtout, de sa fragilité... Sur cette question, l'actuel ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, est clair. Dans une tribune publiée sur le site de La Tribune le 13 octobre 2021, il écrivait : « Nous avons aujourd'hui la possibilité et la responsabilité de changer la donne en ouvrant un nouveau chapitre de notre histoire agricole : celui de la troisième révolution, celle du vivant et de la connaissance, en laquelle nous croyons profondément ». Mais comment faire pour réussir ce pari ? Pour Denormandie, la solution tient en trois temps : le numérique, la robotique et la génétique. Et le ministre de reprendre : « Des nouvelles technologies à l'agro-robotique, en passant par des solutions de biocontrôle ou de sélection variétale, les innovations se développent en France ou existent d'ores et déjà grâce à un écosystème d'acteurs innovants, dynamiques et audacieux. Ces innovations permettent de sortir d'impasses techniques, auxquelles nous sommes encore trop souvent confrontés. D'associer création de valeur environnementale et économique. De faciliter le travail de nos agriculteurs, de mieux préserver nos ressources, de limiter les émissions carbone, tout en augmentant la qualité nutritionnelle de nos productions grâce à l'innovation dans nos chaînes alimentaires. »
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