La situation est suffisamment grave pour justifier le recours à l'outil phare de la crise sanitaire du Covid-19. Alertant sur les effets économiques probables de récoltes particulièrement catastrophiques, l'Association générale des producteurs de blé et autres céréales française (AGPB) a demandé jeudi l'« activation d'un prêt garanti par l'Etat (PGE) agricole pour tous les agriculteurs qui en auront besoin ».
Selon les dernières estimations de l'AGPB, la récolte française de blé tendre s'établira en effet à 25,98 millions de tonnes cette année. Soit 26% de moins que l'année dernière. C'est le volume le plus faible depuis 1983, déplorent les céréaliers français. Or, ces derniers doivent déjà affronter des cours internationaux en baisse depuis deux ans, en raison d'une production mondiale abondante.
Toujours selon l'AGPB, cette moindre récolte induirait une perte du chiffre d'affaires global des producteurs de céréales français de 3 milliards d'euros par rapport à 2023. Leur trésorerie en sera d'autant plus affectée que depuis deux ans ils se retrouvent piégés dans « un effet ciseaux dévastateur qui s'amplifie », alerte l'APGB. Leurs coûts de production ne cessent d'augmenter depuis 2019.