Cornichon français : la filière veut croquer à nouveau le marché
Guillaume Fischer
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Pour répondre à un éventuel accroissement de la demande de cornichons français, handicapés notamment par une récolte annuelle unique (trois en Inde), des expériences de culture sous serre sont actuellement menées par certains producteurs du Loir-et-...
Relancée il y a 10 ans, la filière du cornichon made in France reste toujours balbutiante. Les rares producteurs hexagonaux, dont Reitzel en Centre-Val de Loire, misent désormais sur le nouveau label Origin’info pour la faire enfin décoller.
Plus de 95% des cornichons commercialisés en France sont cultivés hors de l'Hexagone, en Inde très majoritairement, et en Europe de l'Est. Un chiffre d'autant plus paradoxal que la France est le premier pays consommateur mondial en 2025 avec 30 000 tonnes. « Faute d'affichage clair et transparent sur l'origine des produits, les clients ignorent leur provenance, constate Léopoldine Mathieu, responsable de la filière au sein de Reitzel France, premier fabricant de condiments hexagonaux. « Ce constat est encore plus prééminent quand les cornichons sont estampillés sous des marques symboles du terroir français comme Amora-Maille ».
Rachetée en 1999 par la multinationale anglo-néerlandaise Unilever, la maison dijonnaise centenaire de moutarde et de condiments s'approvisionne presque exclusivement au Canada pour les graines de moutarde, et en Inde concernant les cornichons. Ultra-leader en France, Amora-Maille n'a pas répondu aux sollicitations de La Tribune.
La France, qui produisait encore environ 20% de sa consommation de cornichons avant 1990 a entièrement délocalisé depuis sa production, notamment en Inde. A la clé, des conditions climatiques plus favorables, qui permettent trois récoltes annuelles, ainsi qu'un coût de la main-d'œuvre nettement plus bas. Avec environ 25% des cornichons consommés en France, l'Europe de l'Est, dont les salaires sont également moindres, constitue le second bassin mondial de production.
Filière renaissante mais fragile
Trois fabricants, Reitzel, présent en GMS et opérant deux sites à Montrichard en Loir-et-Cher et à Connerré dans la Sarthe, Martin-Pouret à Boigny-sur-Bionne près l'Orléans et la maison Marc dans l'Yonne, distribués essentiellement dans les épiceries fines, ont relancé cette filière à partir de 2015, avec des résultats contrastés. La première cause est le prix du bocal de cornichons, supérieur de 20 à 30% à celui des cucurbitacées asiatiques.
« Nous avons produit environ 500 tonnes l'année dernière sous la marque Hugo, en nous appuyant sur douze agriculteurs basés prioritairement en Centre-Val de Loire, mais aussi dans les Pays de la Loire et en Alsace. C'est encourageant même si nous représentons moins de 2% du marché, explique Léopoldine Mathieu. Grâce à Origin'Info, dont nous avons été l'un des promoteurs, l'objectif de Reitzel d'ici à trois ans est de doubler nos ventes ». Le fabricant attend en effet un coup de pouce décisif de ce nouveau label, en cours de déploiement. Il compterait déjà 11 000 références tous secteurs confondus.
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