La France, championne des délocalisations selon France Stratégie

 |  | 532 mots
Lecture 3 min.
(Crédits : Reuters)
Les grandes entreprises françaises sont devenues des championnes de la délocalisation à partir des années 2000, au détriment de l'emploi industriel, selon un rapport de France Stratégie remis jeudi à l'Assemblée nationale.

Ce rapport de 600 pages intitulé "Les politiques industrielles en France, évolutions et comparaisons internationales" revient sur les raisons du déclin de l'industrie française, la France étant devenue, avec le Royaume-Uni, l'économie la plus désindustrialisée du G7.

Depuis 1980, l'industrie française a perdu la moitié de ses effectifs et ne représente plus aujourd'hui que 10,3% du total des emplois. La part de l'industrie dans le PIB s'établissait à 13,4% en 2018, contre 25,5% en Allemagne, 19,7% en Italie ou 16,1% en Espagne. "La France connaît une désindustrialisation très marquée. Il n'y a que le Royaume-Uni qui ait connu un tel phénomène. La France est devenue remarquablement désindustrialisée. Les décennies 90 et 2000 ont été marquées par un accroissement des échanges et un libéralisme triomphant. La politique industrielle était un peu tabou. Depuis, le contexte a changé. Le fractionnement des chaînes de valeur a pu entraîner des risques pour certaines industries" a expliqué le commissaire général de l'organisme rattaché à Matignon Gilles de Margerie lors d'un point presse.

Fiscalité élevée sur la production selon France Stratégie

Les raisons de ce déclin tiennent principalement, selon le rapport, à une "fiscalité particulièrement élevée sur les facteurs de production". Ce à quoi le gouvernement veut remédier en baissant les impôts de production à hauteur de 20 milliards d'euros dans le cadre du plan de relance.

"Une inflexion importante", a commenté Gilles de Margerie, le commissaire général de France Stratégie, lors d'une conférence de presse, "qui s'inscrit dans la continuité du CICE (Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, NDLR), du Pacte de responsabilité et de l'allégement global des prélèvements obligatoires qui pèsent sur le secteur industriel".

Cette fiscalité élevée, couplée à une dérive du coût du travail "indirect" - c'est-à-dire les coûts salariaux dans les secteurs qui fournissent des composants ou des services à l'industrie - a entraîné une dégradation de la compétitivité de l'industrie française.

Elle aurait pu faire le choix, comme l'Allemagne, d'une montée en gamme de ses produits, mais elle a plutôt opté pour une délocalisation des sites de production, avance le rapport.

Les grandes entreprises, championnes des délocalisations

En effet, le tissu industriel français était composé plus qu'ailleurs de grandes entreprises, "celles-ci ont tiré plus fortement avantage de leur capacité à produire dans des pays à faibles coûts pour compenser la dérive des coûts en France par rapport à leurs concurrents""Les grandes entreprises françaises sont donc devenues les championnes de la délocalisation, ce qui leur a permis de maintenir leur compétitivité au niveau mondial, mais au détriment de l'emploi industriel en France", explique le rapport.

Ainsi, l'emploi des filiales industrielles à l'étranger des groupes français représente 62% de l'emploi industriel en France, contre 52% au Royaume-Uni, 38% en Allemagne, 26% en Italie et 10% en Espagne.

L'exemple du secteur automobile illustre ce paradoxe d'un "pays qui compte de grands constructeurs mondiaux" comme Renault ou PSA, "mais une industrie qui s'est beaucoup affaiblie" par rapport à sa voisine allemande, a souligné Gilles de Margerie.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/11/2020 à 21:20 :
L'article fait curieusement l'impasse sur les dégâts causés à l'industrie par la loi sur les 35 h imposée sans discernement à l'ensemble du monde du travail à partir des années 2000 et sa cohorte de conflits et grèves particulièrement durs avec pression sur les gains de productivité autoritairement imposé aux personnels. Un tel chaos a conduit à des hécatombes ds des Entreprises peu modernisées et peu rentables de secteurs entier comme la mécanique, la ss traitance automobile, la machine outil, l'électroménager, le matériel électrique, la filière bois, les matériaux de construction... avec des délocalisations qui se st intensifiées chez les gds donneurs d'ordre qui n'ont pu survivre qu'en externalisant leur bas de gamme en Asie ou en Europe de l'Est, sans avoir les moyens financiers suffisants pour monter en gamme à l'image au même moment, de l'industrie germanique.
On se souvient du sauvetage in extremis par l'État du groupe PSA en 2012, ou d'Alstom en 2004...
a écrit le 20/11/2020 à 15:53 :
La structure capitalistique des entreprises françaises issues des nationalisations de l'après guerre et in fine des privatisations a fait naître de grands groupes, peu nombreux numériquement mais puissants et mondialistes en terme de marchés donc en recherche de productivité absolue. Les 35h de Martine Aubry a porté un coup (coût?) fatal à l'emploi des salariés de ces groupes en utilisant l'externalisation des activités de production dans un premier temps en France puis à l'étranger (dans l'indifférence générale des politiques sauf des élus locaux impuissants devant la fermeture des usines). On s'apperçoit aujourd'hui que les activités à forte valeur ajoutée (ingenering, desing, informatique etc..) prennent le même chemin que celui des cols bleus d'il y a quelques années, d'où l'affolement général à tous les niveaux, sauf celui des patrons des multi nationales et pour cause...Il faut dire aussi que la difficulté du dialogue social jusqu'à un temps récent n'a rien arrangé (en 46 ans d'activités dans 3 des plus grandes multinationales françaises je n'ai jamais vu , je confirmebien jamais vu, un certain syndicat révolutionnaire et pas des moindres signer un seul accord d'entreprise, au mieux il s'abstenait ! Il est temps maintenant que tout le monde se mette au tour de la table pour l'avenir des enfants de ce pays.
a écrit le 20/11/2020 à 14:38 :
le problème de la France , est que les dirigeants de ses grande entreprises ne sont pas patriotes comme les patrons Allemands par exemple et qu'ils vendraient père et mère pour faire les beaux , alors ne soyons pas surpris des résultats , d'autant plus qu'ils n'habitent généralement pas en France
Réponse de le 22/11/2020 à 17:26 :
Et que Macron leur a offert notre pays en plafonnant les indemnités de licenciement. Et dire qu’en le faisant ce président annonçait qu'il y aurait moins de licenciements et on voit bien que c'est le contraire...
a écrit le 20/11/2020 à 13:50 :
Combien de ces grandes entreprises sont-elles ou ont-elles été financées par le denier public (i.e. nos impôts). Les banques renflouées, les compagnies aériennes sous perfusion, les acteurs de l'armement ou de l'aéronautique qui ne vivent que de commande publique ... Toutes ces "boîtes" ne jurent que par les conseils d'officines anglo-saxonnes. L'externalisation "off shore" commence là !!
a écrit le 20/11/2020 à 12:29 :
wow, brilliant!
le gars decouvre qu'effectivement avec les 35 heures payees 39 la france a accentue son declin avec des derives de couts?
il est en avance, le monsieur!
artus l'ecrivait deja dans son bouquin qui date de 2006! quelle reactivite!
les grosses boites delocalisent plus que les petites? haha quelle surprise! outre le fait que les couts fixes sont souvent enormes et les mouvements tres couteux, c'est en general juste pas possible pour les petites boites de le faire ( pour des questions de process) ; sinon elles auraient saute le pas aussi, vu le traitement qu'on leur reserve ( en fait l'exil est interne, avec diminution de voilure, voire arret definitif, pour eviter de devoir discuter inutilement avec des crabes)
ils veulent baisser les impots de production? pour baisser les impots, faut baisser les depenses; la france n'arrive pas a economiser 10 euros, alors c'est mal barre ( d'autant qu'il y a plein de nouvelles depenses dans les tuyaux, transition energetique et risque dependance compris)
la france n'a pas monte en gamme?
wow, le commissaire politique du soviet devrait se renseigner; c'est pas un crabe sovietique qui decide si on est haut de gamme, c'est le client qui paye; les francais confondent ' haut de gamme' et ' haut de prix' ( inflation , pour les ignares; c'est precisemment avec l'inflation salariale deplacee depuis les 35 heures que la france fabrique du pdt espagnol a prix allemand)..........retourner sur les bancs de l'ecole serait salutaire, je pense ( pas des etudes de droits administratif, hein)
pondre un n-ieme rapport sur lequel tout le monde s'assied, et qui donne des elements courus depuis 40 ans, ca fait hurler de rire
Réponse de le 22/11/2020 à 17:28 :
Vous avez pas remarqué que les salaires n'ont plus augmenté depuis ce passage? croyez vous vraiment qu'on est encore payer 39 heures? Le prix de tout a augmenté voir ce qui coûtait 1 franc aujourd'hui ça coûte 1 euro, mais les salaires eux restent toujours les même voir diminue de plus en plus de smicard a vie...
a écrit le 20/11/2020 à 10:22 :
Oui j'ai pu y assister, généralement des hauts fonctionnaires ou des fils de grandes familles qui n'ont pas de vision, entre l'actionnariat familiale et le haut fonctionnariat disons que nous avons le coktail de ceux qui nous ont jeté dans la globalisation sans outils!

Comme les syndicalites, les pacifistes et les prisonniers politiques du no man's land de champs de la guerre 14.....
a écrit le 20/11/2020 à 10:11 :
750 milliards de prestation sociale payé par les 2/3 par les entreprises, le choix on délocalise ou on meurt, sans compter une économie de la consommation qui avantage les produits étrangers, une des pressions fiscales les plus élevé du monde répartie sur une classe moyenne de plus en plus taxée, et une durée de travail ridicule, ce pays s'enfonce tout doucement ds la crise avec la bénédiction de la population.
Réponse de le 20/11/2020 à 12:15 :
Rien à ajouter, sauf peut-être une larme...
a écrit le 20/11/2020 à 9:17 :
pas etonnant , la France est un pays ou l'on travaille le moins ET ON VIENT DE voter une nouvelle loi ( 28 jours de conge maternité ) pour travailler encore moins ,il faut comprendre les entreprises pour qui la gestion du personnel est un vrai casse tete ,ce qui aboutit ou à la délocalisation ou au robot
Réponse de le 20/11/2020 à 10:32 :
Faut arrêter d'essayer d'expliciter des choix de dirigeants espérant des rentabilités a deux chiffres et parfois trois tout en jouant sur la condition humaine!

Et faire croire que des dirigeants d'entreprises politiques ou des actionnaires auraient eu a choisir le meilleur moyen du moins disant social !

Ce sont ceux qui ont aussi permit a l'extrême droite d'être a présent l'idéologie de la moitié de la population.

L'avantage d'être poligylotte et dans la réalisation, m'a permit de voir ceux que vous pensez protéger être les premiers a vendre leur population sur le temps long !

Ce que me disent beaucoup d'anglo saxons et de scandinaves cela montre surtout que nous avons des dirigeants qui sont dabord des exploiteurs dans une aristocratie stato financière dont l'être humaine n'est que matière ou objet !

Les télécoms (j'y étais) m'a permit de voir comme des types qui n'ont aucune connaissance du monde, parle a peine l'anglais et existe avec un titre vendre des "titres" a court terme pour devenir des nababs sans même comprendre ce qu'ils avaient entre les mains !

Rappelez vous de la réunion qui a suivie le traité de maastrich des siemens, alcatel et autres qui pensaient de repaitre des groupes émergents et l'innovation en espérant que l'on ne verrait pas qui a été aux commandes !

Les mêmes que nous avons aujourd'hui, qui instrumentalisent les peuples dans la radicalité pendant qu'ils ont pris tout l'oseille !

95 milliardaires, c'est le résultat de la délocalisation du pays, non?

Alors votre histoire de les gens, c'est eux, sans doute que vous avez un titre scolaire qui est visible par la réthorique que vous avez, celle de ceux qui se sont fait de l'oseille a vile prix, et qui tente d'inverser la charge de responsabilité !

Cela s'appelle la vision!

Et c'est sans doute que l'on a donné les clefs a des gens comme vous qui fait ce qu'est le pays aujourd'hui!

Les visionnaires parlent des projets, les gestionnaires parlent du personnel !

(je vous dit cela, car mes résultats économiques sont ce que vous ne pourrez jamais faire dans votre vie).

Les américains l'on compris... ah ah ah ah
Réponse de le 20/11/2020 à 10:44 :
Quand on voit que prés de 70% des fonctionnaires roulent en voitures étrangéres et que leurs ''syndicats'' manifestent pour'' la défense de l'emploi''.......cherchez l'erreur, c'est simple;,mais avec la politique de l'autruche pratiquée par les gugus qui nous gouvernent nous allons dans un gouffre.
a écrit le 20/11/2020 à 9:10 :
Bonjour,
Coût du travail et fiscalité sont les seuls éléments pris en compte.
Une politique de réindustrialisation est évidemment bien plus compliquée à mener!
a écrit le 20/11/2020 à 8:37 :
quand vous voyer que les medias deroule un tapis rouge a m chine france ( m rafarin)
qui a detruit a lui seule un nombre d'emploi record en france
et il continue de parader
a écrit le 20/11/2020 à 8:33 :
Vu le niveau de notre filiation oligarchique on peut remercier le dumping fiscal et social qui ont permis à nombreuses boites de ne pas couler du fait de la défaillance profonde de notre classe dirigeante s'agravant toujours plus générations après générations.

Ils auraient pu proposer de revendre leurs ouvriers en morceaux s'ils n'avaient pas eu ces deux mamelles.
Réponse de le 20/11/2020 à 10:36 :
Pas mieux ! par contre l'endettement de mauvaise gestion stato financier par macron, va endetter plusieurs générations a n'en pas douter !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :