Face aux taxes Trump, des entreprises bourguignonnes se tournent vers le Japon
Amandine Ibled
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La taxe Trump sur les spiritueux encourage Lejay Lagoute a renforcer son marché au Japon
LEJAY LAGOUTE
Amandine Ibled
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La taxe Trump sur les spiritueux encourage Lejay Lagoute a renforcer son marché au Japon
LEJAY LAGOUTE
Confrontées aux obstacles du marché américain, notamment les taxes douanières imposées par l'administration Trump, les entreprises cherchent désormais à diversifier leurs partenaires commerciaux. C'est le cas de certaines enseignes tricolores dans le secteur des spiritueux.
« Les importateurs américains sont actuellement en difficulté, car la plupart de leurs produits, y compris la crème de cassis, sont soumis à des surtaxes », explique Olivier Melis, directeur général de Lejay-Lagoute, entreprise française emblématique fondée en 1836, reconnue pour sa crème de cassis. En 2024, elle a généré 15,8 millions d'euros de chiffre d'affaires et emploie 33 salariés.
Cette situation complique le développement de Lejay-Lagoute sur le marché américain, qui représente pour la PME, 1,5 million d'euros, soit 300 000 bouteilles par an. Il est devenu difficile de planifier des stratégies de croissance. « Certains importateurs choisissent d'attendre que les taxes diminuent avant d'importer de nouveaux produits, tandis que d'autres tentent d'accélérer les envois avant que les taxes n'augmentent davantage. » Olivier Melis mentionne également que sa société a des conteneurs de produits bloqués dans ces hangars.
À lire également
De son côté Tippagral, fournisseur de fromages industriels (Emmental), qui compte environ 80 collaborateurs et réalise 120 millions d'euros de chiffres d'affaires (dont 22% à l'export dans une trentaine de pays), n'exportait pas aux Etats-Unis mais le contexte lui ferme clairement les portes. « Les États-Unis présentaient déjà de nombreuses barrières concernant l'importation de nos produits avec un niveau d'exigence élevé », explique Oisin Morrin, le dirigeant. « D'avoir perdu un peu nos alliés d'hier va nous ouvrir des portes », conclut celui qui est également le nouveau président de Vitagora, en ajoutant que la solidarité croissante entre le Japon et la France pourrait redéfinir les voies d'exportation.
Amandine Ibled