Retardée par une réunion sur l'Ukraine, c'est devant une assemblée attentiste mais aussi impatiente que le Premier ministre s'est exprimé ce jeudi soir au salon Global Industrie, à Lyon. Malgré la connotation industrielle des lieux, l'actualité internationale a rattrapé François Bayrou, obligé de répondre à la menace américaine de tarifs douaniers à 200% sur les spiritueux français et européens. La dernière intimidation de Donald Trump en réponse à la réplique européenne sur les nouveaux droits de douane sur l'acier et l'aluminium entrant en territoire américain...
« Tout ceci est une terrible conjoncture, et pour nous tous une terrible prise de conscience », a amorcé le Premier ministre, devant une assemblée pleine. La crainte : « anéantir » la filière vinicole française, déjà en proie aux droits de douane annoncés par la Chine. « Il importe que nous ne cédions pas à ce genre de menaces », a embrayé le locataire de Matignon.
« Si les États européens avancent seuls, ils n'ont aucune chance de s'en sortir », a-t-il souligné, faisant appel à « tous les gouvernements, pas seulement la France, mais par exemple l'Italie, l'Espagne, qui produisent également des vins et des spiritueux...» pour apporter une réponse à cette surenchère.
Une prise de position pas spécialement scrutée par l'auditoire du soir, plutôt en attente d'annonces sur le coût du travail ou de l'énergie, mais aussi sur des allègements administratifs. François Bayrou a alors promis de la « simplification », pour « enlever les entraves, rapidement ».