"L'horlogerie n'est pas en crise, c'est le monde qui l'est" (LVMH)

Tiphaine Honoré

Tiphaine Honoré
Connu pour avoir relancé la maison Blancpain dans les années 1980, et orchestré le partenariat Omega avec James Bond, le Suisse a transformé le fabriquant Hublot -propriété de LVMH- en une marque mondialement reconnue et portée par des pointures comme Usain Bolt. Il donne aujourd'hui le tempo aux trois marques du groupe de luxe, TAG Heuer, Hublot et Zenith.
Mais le président du pôle Montres de LVMH doit aujourd'hui faire face à une une industrie en perte de vitesse. Les exportations ont perdu 8% en janvier dernier, selon la Fédération de l'industrie horlogère suisse, faisant suite à une baisse de 6,8% au second semestre 2015. Des chiffres qui se sont confirmés en février :
Le ralentissement en Asie représente la première difficulté pour ce secteur du luxe. Les exportations vers la Chine se sont rétractées de 4,7% l'an passé, sans compter l'encore plus dramatique chute pour cette industrie à Hong Kong. Le premier marché mondial pour les montres suisses s'est effondré de 22,9%, soit l'équivalent de 1 milliard de francs suisses en valeur (917 millions d'euros environ). Un trou important pour une industrie qui totalise un chiffre d'affaires de 21,5 milliards de francs suisses (19,7 milliards d'euros).
Hublot, la quatrième marque horlogère du monde -après Rolex, Omega et Cartier- et sa cousine TAG Heuer doivent donc se ressaisir. Pour leur mentor, le salut passera entre autres par les montres connectées. Lancé fin 2015, le modèle TAG Heuer Connected est venu concurrencer l'Apple watch, sur une gamme de luxe, pour une prix de vente de 1.500 euros. Quatre mois après, Jean-Claude Biver est déjà enthousiaste sur le potentiel de son nouveau modèle.
Cela en ferait de loin le leader des marques suisses en smartwatch, une couronne revenant jusqu'à aujourd'hui à l'horloger indépendant Frédérique Constant qui affirme avoir vendu 16.000 de ses Horological Smartwatch l'an passé. Un tel succès dynamise toute la marque, affirme Jean-Claude Biver :
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Et le Suisse de parier sur cette nouvelle technologie à moyen terme. "Dans trois ans, je pense que son succès sera encore plus grand car les technologies portables ont de l'avenir". Et de prédire, "elles seront partout. Nous serons entourés d'outils d'information qui communiquent tous les uns avec les autres".
Tiphaine Honoré