Face à un contexte difficile et instable, en raison de la poursuite de la crise sanitaire, de l'inflation, du changement climatique et de la guerre en Ukraine, Bonduelle a présenté lundi des résultats annuels sur l'exercice 2021-2022 inférieurs aux prévisions, avec une croissance du chiffre d'affaires de 1,8% et une baisse de la rentabilité de 4% en données comparables. L'entreprise aborde l'avenir « avec prudence tout en continuant sa transformation ».
Le groupe français spécialisé dans la transformation des légumes, pour qui les végétaux représentent déjà la grande majorité des ingrédients des produits, espère notamment surfer sur la vague du flexitarisme, mouvement sociétal consistant à réduire la consommation de viande, afin de conquérir de nouveaux marchés tout en améliorant la valorisation de ses produits.
Une stratégie qui devrait permettre de séduire plusieurs pans de la population, et qui devrait et pouvoir être adaptée aux divers pays couverts par le groupe, puisque « les régimes flexitariens sont pluriels et varient selon les moments de la vie et les cultures gastronomiques », analyse Céline Barral, directrice du développement durable et de la communication d'entreprise. Selon elle, il s'agit « d'une nouvelle façon d'analyser le marché, au-delà de l'idée de l'accompagnement à la viande ». Elle sera portée par « les innovations pour verdir les assiettes », qui devront représenter 15% du chiffre d'affaires du groupe en 2030, contre 12,6% aujourd'hui.
Bonduelle parie que cette stratégie sera aussi favorisée par l'ouverture du capital de son unité Bonduelle Americas Long Life réalisée le 30 juin 2022. Laquelle, en plus d'avoir généré une baisse de l'endettement et un renforcement du profil financier du groupe, impliquera un renforcement dans son portefeuille global des activités européennes, des marques et des produits frais.