Le CBD trace son sillon dans les champs : « On n’est plus diabolisés »
Nathalie Jourdan
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O Green Lab cultive 15.000 plants sur deux sites, sous serre et en extérieur
O Green Lab
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O Green Lab cultive 15.000 plants sur deux sites, sous serre et en extérieur
O Green Lab
La décision du Conseil d'État, fin 2022, d'annuler l'arrêté de Gérald Darmanin interdisant la vente de fleurs et de feuilles de CBD a insufflé un nouvel élan à la filière française du cannabis non stupéfiant. Le verrou ayant sauté, le nombre de producteurs progresse. Aujourd'hui, l'Hexagone en abrite environ un millier dont plus de 90% sont certifiés en bio, selon l'AFPC (Association Française des Producteurs de Cannabinoïdes) qui les représente. Mais rares sont ceux qui le cultivent au-delà de quelques ares. Seule une petite vingtaine tente l'aventure à plus grande échelle, d'après la même source.
Fondée il y a quatre ans par trois frères, l'entreprise normande O Green Lab fait partie de cette avant-garde. L'histoire débute en 2020. Rompus aux techniques agricoles, les Pieplu cassent leur tirelire pour acquérir un premier domaine d'un hectare à Amayé-sur-Seulles dans le Calvados. Ils y plantent -en bio- une vingtaine de variétés sous serres et en extérieur. « À l'époque, personne ne nous a soutenus. On s'est débrouillé seuls en faisant d'abord un peu d'achats reventes sur Internet pour pouvoir investir », raconte Joss, l'un des co-gérants.
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Le jeune grossiste écoule facilement ses premières récoltes. Les plantes sont séchées et transformées sur place en fleurs (la majorité des ventes), en résine, tisanes et huiles. « L'arrêté nous a donné quelques sueurs froides mais on a continué à vendre en tablant sur les recours », se souvient Brian, un autre frère. Au printemps 2023, les Pieplu, confortés par la décision du Conseil d'État, rachètent une ancienne exploitation horticole de deux hectares, non loin de là, à Vire, au printemps 2023. Entretemps, l'état d'esprit a changé. Pouvoirs publics et forces de l'ordre se montrent beaucoup plus accommodants, constate Joss. « La banque qui nous avait fermé la porte a accepté de nous prêter sans problème. On n'est plus diabolisés ».
Nathalie Jourdan
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