Le lobby de la cosmétique veut peser davantage dans les décisions de Bruxelles
Guillaume Fischer
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En juillet 2023, Marc Antoine Jamet, président de Comestic Valley et secrétaire général de LVMH, avait présenté la feuille de route générale de sa filière encore en gestation devant les commissaires européens.
En 2023, le Centre-Val de Loire et la Lombardie, région italienne emblématique de la cosmétique, ont pris la tête d’un consortium européen baptisé Go4Cosmetics, rassemblant dix autres régions européennes spécialisées dans la production de produits cosmétiques. Conçu comme un outil de lobbying auprès de Bruxelles, le consortium a récemment publié ses premières recommandations stratégiques, que La Tribune a pu consulter.
Pour Cosmetic Valley, pôle de compétitivité de la cosmétique française basé à Chartres en Eure-et-Loir, La Semaine de l'Industrie, qui s'est achevée le 24 novembre, représentait une fenêtre de tir idéale pour la publication des principales préconisations du secteur vis-à-vis de la Commission européenne. Le consortium Go4Cosmetics, qu'elle co-pilote avec son homologue italien Lombardy Cosmetics System, revendique au premier chef la reconnaissance officielle de l'industrie cosmétique comme quinzième écosystème industriel européen à l'horizon 2027.
D'autant qu'à Bruxelles, du textile à la Défense, de l'automobile à l'agro-alimentaire, les filières labellisées sont intégrées au cœur de la stratégie économique de la Commission et bénéficient ainsi d'un soutien renforcé.
Si la cosmétique européenne, notamment française, reste leader avec 16% du marché mondial en 2024 (88 milliards d'euros de chiffre d'affaires et trois millions d'emplois directs et indirects), elle se heurte à une concurrence frontale émanant notamment d'Asie. Cet enjeu de maintien de son leadership l'a poussé à se regrouper par étape entre 2021 et 2023 via Go4Cosmetics.
Le consortium fédère à la fois les industriels du secteur, les agences de développement économique des douze principales régions de production cosmétique en Europe, ainsi que leurs exécutifs politiques. Outre le Centre-Val de Loire, la Normandie, l'Auvergne-Rhône-Alpes, la Bretagne et Nouvelle-Aquitaine dans l'Hexagone, il intègre aussi la Catalogne en Espagne, le Centre au Portugal, le Nord-Ouest en Roumanie, la ville d'Olomouc en République tchèque, la Lombardie et la Sardaigne en Italie, ainsi que la Lubelskie en Pologne.
Subventions européennes pour la recherche et la formation
« La cosmétique constitue une industrie à part entière car elle représente une force économique de premier plan tant en termes de chiffre d'affaires que des emplois générés, argumente Franckie Bechereau, directrice générale adjointe de Cosmetic Valley. De surcroît, elle est source de rayonnement pour l'Europe en véhiculant à l'international son art de vivre. Au global, ses enjeux sont équivalents à ceux d'autres filières ». Si leur présentation générale a eu lieu en juillet 2023 devant certains commissaires et parlementaires européens à Bruxelles, une dizaine de préconisations concrètes pour booster l'activité a été détaillée devant eux en septembre dernier.
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