Droits de douane : l’automobile française échappe au coup de massue américain
Alain-Gabriel Verdevoye
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« Nous n’exportons quasiment pas vers les États-Unis, nous produisons localement », affirme un porte-parole du fabricant de composants pour l’automobile Forvia.
Benoit Tessier
Ayant échoué historiquement à s’implanter outre-Atlantique, Peugeot, Citroën, Renault n’y vendent rien. Ils ne souffriront donc pas des droits de douane de 15 % à l’entrée sur le sol américain. À l’inverse des groupes allemands qui seront, eux, très affectés.
Le soulagement outre-Rhin est de mise ce lundi. Les droits de douane applicables sur les voitures européennes entrant aux États-Unis se monteront in fine à 15 %, dans le cadre de l'accord avec l'Union européenne annoncé dimanche. Moitié moins que les droits annoncés jusqu'ici.
Résultat, les constructeurs automobiles ont vu leurs actions en hausse à l'ouverture de la Bourse ce lundi. Mais le soulagement n'en reste pas moins fort mitigé. Car ces droits « coûteront quand même des milliards d'euros chaque année aux entreprises automobiles allemandes », assure Hildegard Mueller, présidente de la Fédération des constructeurs automobiles allemands VDA.
Les Européens exportent 600 000 véhicules par an environ vers les États-Unis, les bonnes années. Les États-Unis ont absorbé l'an dernier 13 % des exportations allemandes de véhicules. Avant l'ère Donald Trump, le pays n'appliquait que des droits de douane de 2,5 % seulement sur les voitures en provenance de l'Union.
De son côté, l'Union impose des taxes de 10 % sur les importations de voitures américaines... lesquelles se montrent très faibles, les gros engins prisés outre-Atlantique n'ayant qu'un succès d'estime auprès de quelques passionnés ! Mais cette taxe n'était pas du goût de Donald Trump.
Les Français ont échoué il y a plusieurs décennies
Les constructeurs germaniques n'en continueront pas moins d'être présents aux États-Unis. Car ils y produisent la majeure partie de leurs véhicules vendus dans ce pays, qui leur sert aussi de base d'exportation. Le site BMW de Spartanburg, en Caroline du Sud, (11 000 salariés) produit ainsi une bonne partie de ses SUV (X3, X4, X5, X6, X7), vendus notamment en Europe. Les exportations américaines du constructeur bavarois ont atteint dix milliards de dollars l'an dernier.
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Si les droits de douane de Donald Trump frappent le groupe Volkswagen, Mercedes, BMW, et accessoirement le Suédois Volvo ou le Britannique Jaguar Land Rover, les Français tirent leur épingle du jeu. Mieux : ils se moquent carrément de ces taxes douanières. Et pour cause. C'est la contrepartie de leur... échec historique sur le sol nord-américain ! Car Peugeot, Citroën, Renault sont quasiment les seules grandes marques mondiales à ne pas y être présentes ! Et ce, depuis plusieurs décennies.