Malgré des prix en forte hausse, la consommation d'œufs a crû de 3% en France en 2023. La production reste en revanche affectée par la crise due à l'influenza aviaire. Pour contrer le risque d'une augmentation des importations, la filière veut construire 300 nouveaux poulaillers avant 2030.L'engouement des Français pour les œufs ne se tarit pas. En 2023, les achats des ménages ont en effet augmenté de 3% en volumes par rapport à l'année précédente, selon leur interprofession, le Comité national pour la promotion de l'œuf (CNPO). Une performance exceptionnelle, si l'on compte que sur la même période l'ensemble des ventes des produits de grande consommation et frais libre-service (PGC-FLS) reculaient de 2,7% en volumes, à cause de l'inflation, selon le cabinet Circana. Et la tendance semble même s'améliorer en 2024, puisqu'entre janvier et avril les achats d'œufs des ménages ont augmenté de 5,2%.
En 20 ans (depuis qu'on la mesure), la consommation d'œufs par les Français a d'ailleurs atteint un sommet : 224 par habitant et par an, soit plus de 4 par semaine et 10 de plus qu'en 2013. Cela inclut la consommation d'ovoproduits par l'industrie alimentaire ou la restauration hors-domicile (41%), ainsi que les œufs coquilles utilisés par cette dernière (12%).
Une production encore inférieure à celle de 2021
Malgré une hausse de leurs prix de plus de 25% au cours des deux dernières années, les œufs restent en effet perçus par les Français comme des produits anti-crise, permettant de consommer des protéines animales bon marché. Le début de baisse des prix en magasins de 0,3% constaté pendant les premiers quatre mois de 2024, et que le CNPO souhaite accélérer, devrait donc leur profiter encore davantage.
Problème : si la production française progresse de 4% en 2023, en permettant à la France de redevenir le premier producteur de l'Union européenne, elle reste affectée par la crise due à l'influenza aviaire, qui en 2022 avait causé une baisse de 8% par rapport à 2021. Jusqu'en mars de l'année dernière en plus, de nouveaux cas dans les élevages de poules pondeuses ont ralenti la reprise. La production reste donc inférieure de 4,2% à celle de 2021, et ne devrait croître que de 0,1% en 2024, selon l'institut technique des filières avicole, cunicole et piscicole (Itavi).