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Aides aux agriculteurs bio : « 5.000 à 10.000 dossiers » toujours « pas ou partiellement payés », déplore la FNSEA

latribune.fr

Publié le 18 juin 2024 à 09:42 - Mis à jour le 18 juin 2024 à 10:23

Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, réclame le versement des aides européennes aux agriculteurs bio en difficulté.

Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, réclame le versement des aides européennes aux agriculteurs bio en difficulté.

© ARNAUD FINISTRE/AFP

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le président de la FNSEA juge « inacceptable » que sur les 60.000 agriculteurs en bio en France, « 5 à 10.000 dossiers » ne soient « toujours pas payés ou partiellement payés ». Arnaud Rousseau réclame le paiement sans délai des aides européennes. Une déclaration qui intervient quelques jours après que le ministère de l'Agriculture a rehaussé l'aide aux agriculteurs bio à 105 millions d'euros.

La FNSEA tape, une nouvelle fois, du poing sur la table. Le président du syndicat agricole majoritaire, Arnaud Rousseau, a réclamé ce mardi le paiement sans délai des aides européennes aux agriculteurs en bio, jugeant « inacceptable » une attente de plus d'un an pour certains producteurs.

Sur les 60.000 agriculteurs en bio en France, «aujourd'hui, il y a 5 à 10.000 dossiers qui ne sont toujours pas payés ou partiellement payés. Cela peut aller de quelques milliers d'euros à plusieurs dizaines de milliers d'euros», a alerté Arnaud Rousseau au micro de la radio RTL.

« Quand vous attendez depuis plusieurs mois, que vous avez des engagements (...), cela vous met dans une situation totalement inacceptable. Ces sommes sont attendues dans les fermes », a-t-il martelé.

« Les agriculteurs en agriculture bio ont déclaré cette demande d'aide le 15 mai 2023, il y a un an et un mois. Ces aides sont normalement payées le 15 octobre et le 1er décembre. Le Premier ministre a dit "on aura tout payé au 15 mars" pour nous dire ensuite "tout sauf les aides bio". Ce n'est pas tenable », a-t-il martelé.

Si la FNSEA n'envisage pas « à ce stade » de faire descendre les tracteurs dans les rues, son président prévient que le syndicat « fera le point à l'automne ». Arnaud Rousseau a regretté une forme de « décrédibilisation de la parole publique ».

Dans un communiqué datant du 14 juin, le ministère de l'Agriculture indique qu'« à ce jour, l'ensemble des paiements effectués au titre de la campagne PAC 2023 s'élève à 8,1 milliards d'euros. Les paiements des dossiers de mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) / BIO non encore soldés se poursuivent avec un rythme accru ».

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L'aide aux agriculteurs bio rehaussée à 105 millions d'euros

L'ultimatum de la FNSEA intervient quelques jours après que l'enveloppe d'aide aux agriculteurs bio en difficulté a une nouvelle fois été rehaussée pour atteindre 105 millions d'euros, « afin de couvrir la totalité des demandes », a annoncé jeudi dernier le ministère de l'Agriculture. « Afin de couvrir la totalité des demandes d'aides éligibles (...) et d'apporter ainsi un soutien à la hauteur du besoin de l'agriculture biologique, le gouvernement a décidé de relever l'enveloppe budgétaire de l'aide de crise à hauteur de 105 millions d'euros », selon un communiqué.

Après 104 millions d'euros d'aides en 2023, l'exécutif avait promis 50 millions, puis 90 millions pour 2024. L'enveloppe est donc rehaussée de 15 millions d'euros.

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« Ce soutien supplémentaire conséquent accordé à la filière biologique vise à maintenir le potentiel de production biologique français au-delà des difficultés conjoncturelles actuelles, liées à un fléchissement de la demande », est-il expliqué. «Le lancement des paiements des dossiers débutera dès la semaine prochaine», est-il ajouté.

Le secteur, qui pâtit depuis deux ans d'une consommation en berne dans un contexte de forte inflation, craint des déconversions en pagaille, d'autant que les prix payés pour les productions agricoles standards, moins coûteuses à produire, ont augmenté.

Les abandons par des producteurs de cette agriculture sans pesticides ni engrais de synthèse éloignent la perspective d'atteindre les objectifs nationaux d'avoir 18% de surface agricole utile en bio en 2027, contre un peu plus de 10% aujourd'hui.

« Un sentiment de déclassement »

Par ailleurs interrogé sur RTL sur la poussée du vote pour l'extrême droite dans le monde rural, Arnaud Rousseau y voit l'expression d'un « sentiment de déclassement », « un cri d'alarme » ou « un appel au secours ». « Les gens disent "on a tout essayé, nous n'avons pas essayé le RN, après tout pourquoi pas". Sans d'ailleurs vraiment connaître les tenants et les aboutissants des programmes politiques », relate Arnaud Rousseau, maire de Trocy-en-Multien, un village de 250 habitants en Seine-et-Marne.

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Il regrette que depuis l'annonce de la dissolution au soir des élections européennes, « on ne parle plus du tout d'Europe. Quand on est agriculteur, on dépend du sujet européen ». Pour rappeler « les urgences » du secteur agricole, a-t-il ajouté, « on a (à la FNSEA) produit une plaquette avec 27 mesures que l'on met à disposition de la totalité des candidats, qui regroupe nos demandes autour de trois choses » : la défense du revenu, la simplification de la vie des entreprises et le sens du métier d'agriculteur, qui doit « continuer à nourrir les Français avec une alimentation de qualité ».

(Avec AFP)

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