En Bourgogne-Franche-Comté, la nouvelle version du Nutri-Score suscite des inquiétudes concernant l’impact sur les produits du terroir (Appellation d'Origine Protégée), souvent mal notés en raison de leur teneur en matières grasses.Le Nutri-Score, introduit en France en 2017, a pour objectif d'informer rapidement les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des aliments. Une nouvelle version vient d'être actualisée grâce aux connaissances scientifiques qui ont évolué. « L'idée est de remettre en avant les bienfaits des produits tels que les poissons gras ou des huiles végétales qui contiennent des acides gras insaturés », explique Catherine Castaing, référente Environnement Agriculture Alimentation à UFC-Que Choisir Bourgogne-Franche-Comté et Saône-et-Loire.
Mais cette approche soulève des critiques, notamment de la part des producteurs de produits du terroir, qui craignent que leur savoir-faire et la qualité de leurs produits soient sous-évalués.
Les représentants des produits AOP (Appellation d'Origine Protégée) de la région, comme le comté ou la saucisse de Morteau, expriment leur préoccupation face à la notation souvent défavorable de leurs produits. Ceux-ci « sont en effet notés défavorablement par l'algorithme du Nutri-Score, calculé à partir d'une quantité de 100 g ou 100 ml ».
Or, en plus du Nutri-Score, le comté et par analogie, le mont d'or et le morbier qui se trouvent sur le même territoire jurassien, viennent d'être soumis à un nouveau cahier des charges exigeant, validé fin 2024, par l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO). Cette nouvelle mouture en faveur de l'environnement et de la préservation du savoir-faire des affineurs, dont le contrôle de la juste application coûte annuellement « 700 000 euros » aux quatre AOP fromagères du massif jurassienne marque déjà un fort engagement sur la qualité. « Nous continuons de demander l'exemption de cette notation nutritionnelle pour les produits AOP soumis déjà à une stricte réglementation », indique Alain Mathieu, président de la filière comté. Ce dernier souligne que ces produits, bien que riches en matières grasses, sont le résultat d'un savoir-faire traditionnel et d'un cahier des charges rigoureux.