Rentrée : un tiers des fournitures scolaires toxiques selon l'UFC

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Ces composants, bien que présents dans nombre d'autres produits de consommation, sont particulièrement dangereux pour les enfants, du fait du comportement des plus petits (mordiller les stylos, se tacher les doigts etc.), mais aussi de la sensibilité particulière de leur organisme, souligne l'association.
Ces composants, bien que présents dans nombre d'autres produits de consommation, sont particulièrement dangereux pour les enfants, du fait du comportement des plus petits (mordiller les stylos, se tacher les doigts etc.), mais aussi de la sensibilité particulière de leur organisme, souligne l'association. (Crédits : reuters.com)
Allergisants, perturbateurs endocriniens, mais aussi composés cancérogènes, infesteraient crayons, stylos et bâtons de colle, dénonce l'association. Les fabricants profiteraient d'un vide législatif.

Quand on achète des fournitures scolaires, "c'est la roulette russe": l'UFC Que Choisir utilise des termes plutôt poignants pour dénoncer, dans un communiqué publié jeudi 25 août, la présence de "substances indésirables" dans grand nombre des fournitures scolaires que les Français s'apprêtent à acheter pour la rentrée de leurs enfants.

L'association, qui a testé en laboratoire 52 produits fréquemment utilisés par les élèves, allant des crayons à papier aux bâtons de colle -mais n'incluant pas le papier-, considère qu'au moins un tiers (19) d'entre eux sont "à éviter", car contenant des ingrédients communément pointés du doigt par les toxicologues. Parmi ceux toxiques repérés, allergisants, perturbateurs endocriniens, mais aussi composés cancérogènes, précise l'association, qui fait l'exemple de phtalates dans des crayons, de formaldéhyde dans un stick de colle et d'impuretés dangereuses dans des encres.

Superflus mais convoités

Ces composants, bien que présents dans nombre d'autres produits de consommation, sont particulièrement dangereux pour les enfants, du fait du comportement des plus petits (mordiller les stylos, se tacher les doigts etc.), mais aussi de la sensibilité particulière de leur organisme, souligne l'association. Et ce risque est d'autant plus paradoxal que certains des produits dénoncés sont loin d'être indispensables, bien que particulièrement convoités par les enfants grâce à de puissantes campagnes marketing : c'est le cas notamment des stylos parfumés et des colles à paillettes.

Les grandes marques telles que Bic, Waterman et Paper Mate, utilisent d'ailleurs parfois davantage de substances toxiques que des marques de distributeurs comme Auchan, Carrefour et Intermarché, souligne encore l'étude -qui pointe toutefois du doigt certains produits de chez Leclerc.

Un vide législatif

Cependant, si l'UFC doit se limiter à dénoncer des substances "indésirables", c'est parce que la plupart d'entre elles sont tout à fait légales. Aucune réglementation spécifique, ni nationale ni européenne, ne s'applique en effet aux fournitures scolaires, alors que d'autres produits pour enfants comme les jouets et les tétines sont strictement encadrés, souligne l'association.

Ainsi, parmi les produits testés, un seul s'est révélé violer véritablement la loi: le feutre parfumé ''Giotto Turbo scents'', contenant des allergènes interdits, qui, en tant que feutre, relève des dispositions de la directive Jouets de l'Union européenne -et dont l'UFC demande donc le retrait immédiat. Ce vide législatif permet par exemple au stylo Bic cristal pocket scents -plus dans le catalogue selon Bic, mais toujours en rayon selon l'UFC- de contenir un allergène dans des quantités 100 fois supérieures à celles autorisés pour les feutres.

Les produits écolabellisés n'ont pas été inclus dans le panel testé, admet néanmoins l'association de consommateurs, en raison de leur part de marché encore faible. Leurs divers révérenciels prévoient toutefois aussi la nécessité d'utiliser aussi des matières premières les moins toxiques possibles, explique l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), qui en préconise l'utilisation afin de réduire l'impact environnemental de la rentrée.

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a écrit le 29/08/2016 à 11:05 :
Nos politiciens européens laissent tout faire à nos multinationales du coup elles font tout et n'importe quoi, c'était hélas largement prévisible mais comme la marge bénéficiaire de l'actionnaire en capitalisme est nettement supérieure à la santé des peuples, ces derniers se contrefoutent de nous empoisonner.
a écrit le 26/08/2016 à 18:32 :
Il serait plutôt préférable de s'inquiéter du poulet blanchi à l'eau de javel, des légumes produits sous pesticide, insecticide à profusion que nos cher enfants et nous aussi mangeons dans les cantines/mess et restaurants d'entreprises... Vous ne croyez pas? De plus si nos enfants ont des produits toxiques dans leurs fournitures scolaires alors qu'avions nous nous?
Réponse de le 28/08/2016 à 14:44 :
poulet blanchi à la javel, vous avez vu ça où ? Les poulets US ne sont pas encore admis dans l'UE (mais ça viendra peut-être avec le TAFTA), c'est une facilité chez eux de ne pas avoir de normes d'élevage (affreuses normes insupportables) donc de "purifier" les produits à la fin (comme irradier la viande un peu défraichie).
Il faut que je me méfie, je mâchonne mon stylo cassé, la partie molle où est l'encre. Molle veut dire plastifiant, aïe.
Y a 50 ans, on n'avait pas tous ces choix, encre et plume quand j'étais en primaire. Si les enfants en suçant leur stylo, crayon, s'intoxiquent, si on peut l'éviter, ça serait mieux quand même.
Les pesticides vous inquiètent mais pas les perturbateurs endocriniens qui impacteront la vie des enfants dans le futur ? Les pesticides, ça ne vous gène donc pas plus, y en a très peu en résidu, sachant qu'avec les progrès on arrive à doser des picogrammes, voir ne veut pas dire "mauvais" pour ça, ça dépend (de la molécule, et des autres présentes en même temps (synergie)).
a écrit le 26/08/2016 à 15:00 :
L'UFC est dans son rôle, pour une fois, de s'intéresser à des produits non réglementés, ou rappeler à l'ordre les services officiels lorsqu'ils font défaut sur des produits réglementés. Le risque zéro n'existe donc pas, puisque l'on ne saurait tout réglementer, et installer un contrôleur derrière chaque machine, ou chaque entreprise.. reste à sensibiliser le consommateur pour que celui-ci réalise que l'on peut aussi mourir étouffé sous un oreiller, avaler une carotte bio de travers, ou descendre un escalier que l'on vient de cirer.. il importe donc de réfléchir quand on consomme..il importe d'éduquer les enfants qui mordillent un peu trop leurs crayons.
a écrit le 26/08/2016 à 14:33 :
Réalisme ! Ajouter à cela, les repas additivés de la cantine, la fumée de cigarette de papa et peut-être maman?, les meubles en bois, la dernière couche de peinture, le dernier tee-shirt du marché de vacances, les boissons, les gâteaux, les produits d'entretien, les produits sanitaires, la pollution des villes, l'eau de la piscine, etc....On est quand même une espèce costaud où alors, on veut nous inquiéter pour pas grand-chose ?
Réponse de le 28/08/2016 à 14:48 :
"les meubles en bois" je n'achète que du massif, mais y a le vernis, arggg.
"la dernière couche de peinture," ne pas oublier de bien aérer en peignant et aussi après ! Acrylique ça craint moins mais bon...
"produits d'entretien" pareil, grand ouvert. :-) Parfumés pour faire odeur de "propre", sont malins.
(avec tous ces polluants, on n'arrive pas à 121 ans, sauf exception)
a écrit le 26/08/2016 à 11:08 :
Des toxiques, il y en a partout : eau, alimentation, produits d'entretien ou de toilette, même dans ceux à destination des bébés. Alors pourquoi s'étonner d'en trouver dans les fournitures scolaires ? Même si c'est cynique, c'est somme toute logique. L'Europe fait des lois sur n'importe quoi, mais pas sur l'essentiel.

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