Alors que les règles du jeu du commerce international ne cessent de changer au fil des annonces de Donald Trump, les Vins de Loire cherchent de nouveaux débouchés à l’international. Sans pour autant bouder le marché américain.Les Vins de Loire séduisent au-delà des frontières : 55 millions de bouteilles exportées en 2024 (soit 400.000 hectolitres), sur 255 millions vendus. Les ventes à l'étranger se sont ainsi élevées à 200 millions d'euros. « Une année record depuis 2000 », s'enthousiasme Camille Masson, président d'Interloire. Malgré la guerre commerciale qui se joue actuellement entre les États-Unis et l'Europe, l'interprofession maintient son cap, à savoir atteindre 30 % des volumes exportés dans cinq ans.
« Dans un contexte de stabilité des vins français à l'export, les Vins de Loire continuent donc de marquer des points hors des frontières françaises, en évoluant plus favorablement que l'ensemble des vins nationaux à la fois en volume (+5 %) et en valeur (+5,9 %) », explique-t-il.
Un partenaire important
Sur le territoire des Vins de Loire, qui comptabilise 2.200 exploitations viticoles sur 42.000 hectares, les États-Unis s'imposent comme la deuxième destination (après l'Allemagne) avec 16 % des exportations (soit 65.932 hectolitres) en 2024, en hausse de 6,7% et 21% en valeur. En particulier, les vins blancs représentent 65% du volume exporté.
Alors que le marché américain est un vrai levier de croissance pour la filière, l'annonce des frais de douane sur l'ensemble des vins en provenance de l'Union européenne attise ici aussi les inquiétudes. « Cette annonce ne nous réjouit pas. Mais le plus inquiétant est de ne pas avoir de vision à long terme. Après avoir menacé d'instaurer une taxe de 200 % sur les alcools européens, puis annoncé 20 % de droits de douane, Donald Trump a finalement mis ces mesures en pause pour les trois prochains mois. Pendant cette période, les vins ne sont plus taxés qu'à 10%. Nous ne parvenons pas à anticiper et nos clients sont aussi dans l'incertitude », témoigne Amélie Dugué au Château de la Ragotière en Loire-Atlantique où les États-Unis représentent 25% de l'activé export. Même crainte à une vingtaine de kilomètres de là. « Ce n'est jamais rassurant ! », lâche Gwénaëlle Croix du Domaine de la Pépière qui écoule 75% à 85% de sa production dans 35 pays.