Ukraine : « Une hausse des prix sur les produits agricoles est à prévoir » (Christophe Richardot, DG de l’Alliance BFC et de Dijon Céréales)
Amandine Ibled
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Dijon Céréales
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LA TRIBUNE- En quoi cette guerre provoque-t-elle des tensions sur les marchés des grains et oléagineux ?
CHRISTOPHE RICHARDOT- Il y a deux ans, le cours du blé s'élevait à 170 euros la tonne, en 2021, il est passé à 180 euros la tonne, jusqu'à atteindre un record ce vendredi à 400 euros la tonne. Cette envolée liée à la crise vient confirmer une valeur haute des céréales, conséquences des marchés mondiaux déjà tendus entre l'offre et la demande.
Nous n'avons peut-être pas encore atteint le pic mais nous assistons à d'importantes fluctuations. Il y a deux ans, les prix variaient de 3 à 4 euros par jour, aujourd'hui il n'est pas rare d'observer des variations de 20 à 50 euros. Cette situation rend la gestion financière des exploitations compliquée. Il est difficile de se projeter et d'anticiper. Pour l'Alliance BFC - qui regroupe trois coopératives de la région (Dijon Céréales, Bourgogne du Sud et Terre Comtoise) - cette situation engage des couvertures financières importantes afin d'allonger nos capacités à couvrir nos prises de position sur les marchés.
Sachant que la Russie représente 40 % des exports mondiaux de nitrate d'ammonium, présent dans les fertilisants, peut-on s'attendre à un choc sur le marché des engrais ?
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Les fertilisants qui viennent de Russie sont utilisés en partie pour la production de nos céréales en Bourgogne-Franche-Comté. Ce qui va impacter les coûts de production des matières agricoles végétales. En 2022, les stocks ont déjà été commandés pour les semis de printemps mais nous commençons à acheter les fertilisants nécessaires aux semis de l'année prochaine. Les engrais valaient 250 euros la tonne avant la crise sanitaire, nous sommes passés à 600 euros la tonne. Je pense qu'on aura des engrais à quatre chiffres pour l'année prochaine. D'où un impact fort sur les exploitations agricoles. Nous allons pouvons aussi être en sous quotas, c'est-à-dire qu'il n'y aura pas assez d'engrais.
Amandine Ibled