L'agriculture française s'inquiète de la guerre engagée par la Russie contre l'Ukraine, dont les effets, bien qu'encore incertains, pourraient être largement déstabilisateurs. Ils ne concernent pas tellement les exportations directes vers la Russie, aujourd'hui peu importantes et limitées à certains secteurs: quelques produits laitiers et des parties de la viande bovine. "Après les sanctions occidentales adoptées qui avaient suivi l'annexion de la Crimée en 2014, la Russie a en effet renforcé ses investissements dans l'agriculture, en devenant autosuffisante en céréales et quasiment en viande porcine et poulets", explique Henri Biès Peré, vice-président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (Fnsea).
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Aujourd'hui, il reste le danger de subir les conséquences d'éventuelles sanctions russes en représailles de sanctions occidentales. "D'autres pays européens, comme l'Allemagne, continuent en effet d'exporter en Russie davantage que la France. Globalement, l'Union européenne y vend par exemple ses œufs pour 150 millions d'euros annuels, et des préparations alimentaires à base de produits agricoles pour 300 millions d'euros", détaille Henri Biès Peré. Sans compter les vins et les spiritueux, dont les ventes européennes en Russie représentent 1 milliard d'euros par an-et dans lesquelles la France joue un rôle important. Si le débouché russe devait se fermer, les exportations européennes initialement prévues en Russie se retrouveront sur le marché européen, en entraînant une chute des cours pour l'ensemble des agriculteurs du Vieux continent, redoute la Fnsea.