Sale temps pour les oligarques. Andrey Melnichenko, principal actionnaire du groupe suisse Eurochem (Zoug), un des leaders mondiaux des engrais, ne pourra finalement pas mettre la main sur la division Azote du chimiste autrichien Borealis avec qui il était entré en négociations exclusives, le 3 février dernier. Le richissime homme d'affaires (plus de 14 milliards d'euros de patrimoine selon Bloomberg) étant inscrit depuis hier, 9 mars, dans la liste des quatorze nouveaux oligarques ciblés par l'UE, Borealis vient de se résoudre à jeter l'éponge.
Le deal semblait pourtant bien engagé entre les deux parties. Vu comme « le meilleur candidat » par le vendeur, Eurochem proposait un joli chèque de 455 millions d'euros pour acheter les actifs du groupe européen dont ses trois usines françaises (Grand Quevilly près de Rouen, Ottmarsheim en Alsace et Grandpuits en Seine et Marne). " Ni EuroChem ni M. Melnichenko ne sont concernés par les récentes listes de sanctions des États-Unis, de l'Union européenne et du Royaume-Uni », nous indiquait encore Borealis quelques heures avant que le couperet de Bruxelles ne tombe.