General Motors renonce à vendre Opel, Berlin en fureur

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Constatant une amélioration du marché automobile, le constructeur américain décide de conserver sa filiale européenne. Une décision qui provoque la colère de l'Allemagne et la satisfaction de la Grande-Bretagne.

Le conseil d'administration de General Motors vient de mettre fin dans la nuit de mardi à mercredi à un long feuilleton en annonçant qu'il conserverait sa filiale Opel. Le constructeur américain réduit à néant des mois de négociations au terme desquelles sa filiale européenne devait être cédée à l'équipementier canadien Magna.

GM justifie sa décision par le fait que le contexte général de l'industrie automobile a montré des signes d'amélioration. L'américain a en effet annoncé ce mardi que ses ventes avaient progressé le mois dernier pour la première fois en deux ans.

"GM présentera rapidement un plan de restructuration à l'Allemagne et aux autres gouvernements et espère qu'il recevra un accueil favorable", a ainsi déclaré le directeur général de GM Fritz Henderson. Le plan en question devrait coûter aux alentours de trois milliards d'euros.

La décision de conserver Opel a été prise lors d'un conseil d'administration organisé alors que la Commission européenne pressait GM de confirmer sa volonté de vendre Opel. En décidant de ne pas vendre le constructeur européen, très présent en Allemagne, GM fait une volte-face inattendue.

La décision fait des remous outre-Rhin. Le président du Land de Hesse a fait part de sa colère et exigé le remboursement du prêt relais accordé à GM d'ici la fin du mois de novembre. Le gouvernement allemand qualifie même l'attitude de General Motors dans ce dossier d'"inacceptable".

Les efforts du canadien Magna sont aussi réduits à néant. Au terme d'une compétition féroce, ce dernier, allié à la banque russe Sberbank, avait été choisi par GM pour acquérir 55% d'Opel.

En décidant de conserver sa filiale, GM tire un trait sur les efforts déployés par Magna pour s'assurer du soutien des salariés d'Opel, dont le nombre est de près de 50.000. Le canadien cherchait à obtenir leur aval à son plan de restructuration, promettant des garanties sur l'emploi en l'échange d'un abaissement des coûts salariaux.

Un plan qui justement suscitait des interrogations dans plusieurs pays où Opel est implanté notamment la Grande-Bretagne, patrie de Vauxhall, la marque britannique d'Opel, ainsi qu'en Belgique où de nombreuses suppressions d'emplois et une fermeture d'usines devaient intervenir.

Ce mercredi, le gouvernement britannique a appris la décision de GM avec satisfaction, proposant même d'apporter une aide financière à l'américain. "Nous avons pris note de la décision de GM et nous voulons travailler étroitement avec eux", a déclaré un porte-parole du gouvernement. "Nous avons toujours dit que si une solution juste et viable sur le long terme émergeait, alors le gouvernement serait enclin à apporter un financement. La décision de GM a également été saluée par le syndicat britannique Unite qui estime qu'il s'agit là du meilleur accord possible pour le pays.

(retrouvez le communiqué de GM).

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a écrit le 04/11/2009 à 14:41 :
L'axe Londres-Washington s'allie une nouvelle fois dans l'industrie contre l'axe Berlin-Moscou. C'est une véritable guerre économique que la crise ne fera qu'accentuer. La France doit choisir son camp et il est évident selon moi que notre intérêt et notre tradition économique et industrielle doit nous rapprocher de l'Allemagne
a écrit le 04/11/2009 à 10:55 :
j'aime bien le titre: GM renonce à vendre Opel, Berlin en "FUHRER"
a écrit le 04/11/2009 à 7:52 :
GM une nouvelle fois, montre que sa Direction Générale est un ramassis d'incapables, d'incompétents, d'irresponsables, ceux-là mêmes qui ont mené l'entreprise à la faillite
a écrit le 04/11/2009 à 7:31 :
GM, constructeur, assure de par sa décision la pérennité de sa filiale OPEL sans pour autant renoncer à restructurer. c'est de mon avis le scénario le meilleur qui puisse assurer l'emploi.
a écrit le 04/11/2009 à 7:31 :
Tout le monde sait dans l'automobile que le marché Européen en 2010 sera terrible pour les constructeurs généralistes type Opel/Ford/PSA/Renault/Fiat en raison de la fin des primes et subventions.
L'argument de GM est bidon. ils veulent simplement plus de $$$ de la part de Magna et des Russes.
Point.
a écrit le 04/11/2009 à 7:23 :
Ca y est l'Angleterre peu sortir des milliards pour aider GM et GM va tellement bien qu'il vont proposer une restructuration à 3 Milliards. N'ayant personnellement plus aucuns repères je ne peu qu'en déduire que l'économie est un immense mensonge fait pour manipuler les peuples et pouvoir contrôler ceux qui gagnent et ceux qui perdent à grand coup de "fausses crises", parce qu'en y pensant bien "l'économie" finalement c'est quoi ?
a écrit le 04/11/2009 à 7:11 :
quelle bande de fayots ces rosbeefs !!!
ils sont prêts à toutes les bassesses et ils vont se faire arnaquer par les ricains ... comme d'habitude
GM a le sentiment que le marché repart mais avec la fin de la prime à la casse ils vont déchanter et se sera retour à la case départ
a écrit le 04/11/2009 à 6:31 :
vaste bluff pour élire angela qui n'est plus responsable des dégraissages , en 3 mois gm n'a plus besoin d'argent ?

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