Comment la Chine entend devenir le numéro un mondial du véhicule propre

Pékin prévoit d'investir 10,5 milliards d'euros sur dix ans dans les voitures hybrides et électriques. Encore faut-il convaincre les consommateurs chinois d'en acheter.
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Dans les dix prochaines années, le gouvernement chinois doit investir 100 milliards de yuans dans le développement des véhicules propres, hybrides et électriques. Soit l'équivalent de 10,5 milliards d'euros. Attendu depuis longtemps, le plan est actuellement soumis au conseil d'État, a révélé la semaine dernière le « China Daily ». L'ambition est affichée : ce plan prévoit que la Chine devienne le premier marché au monde du véhicule propre avec 5 millions de véhicules vendus d'ici 2020.

Le volontarisme chinois dans le secteur n'est pas nouveau. La Chine, qui ne peut rattraper son retard technologique pour les autos traditionnelles, compte être le leader des technologies dites propres. Le développement des batteries électriques est, par ailleurs, inscrit comme prioritaire dans son dernier plan quinquennal promulgué le mois dernier. Et, en 2010, le gouvernement avait déjà annoncé 10 millions de yuans de subventions pour développer les infrastructures et booster les ventes de véhicules électriques dans 13 villes de Chine.

Du coup, les constructeurs chinois se sont lancés sur le créneau. Tous se vantent d'avoir déjà leur propre véhicule électrique/hybride. En 2010, le Salon de l'automobile de Shanghai avait déjà été placé sous le signe du « vert ». La prochaine édition, qui se tient du 21 au 28 avril, le sera tout autant.

15 % du marché mondial

Les constructeurs étrangers se sont, eux aussi, engouffrés dans la brèche. De nombreux programmes communs de recherche et développement sont en cours. Ainsi BYD - qui se dit premier et seul constructeur chinois à avoir un véhicule 100 % électrique viable - et Daimler espèrent lancer leur première voiture électrique en 2013. BMW vient aussi d'annoncer le lancement d'un hybride pour le marché local. Il sera développé avec son partenaire chinois Brilliance China Automotive Holdings.

Ainsi, selon Chen Qingquan, qui préside l'association mondiale du véhicule électrique, la Chine pourrait bien détenir 15 % du marché mondial en 2020. D'autres experts sont moins optimistes. Avec pour preuve, les récents déboires de BYD détenu en partie par Warren Buffet. L'an dernier, le constructeur avait, en grande pompe, annoncé débarquer aux États-Unis avec un véhicule 100 % électrique. Il a dû reviser ses ambitions à la baisse. Car, déjà, il peine à fournir les taxis de la ville de Shenzhen... avec un véhicule à l'autonomie limitée et encore jugé trop cher.

Le marché est, il est vrai, encore immature. Et les infrastructures demeurent inadaptées. La Chine a toujours entre cinq et dix ans de retard technologique par rapport aux constructeurs étrangers. Et, s'il ne fait pas de doute que le pays, premier marché mondial de l'automobile depuis 2010, deviendra aussi un marché important du véhicule propre, il est encore trop tôt pour savoir quelle forme il prendra. Beaucoup de ses modèles vantés comme « propres » restent, pour l'instant, dans les vitrines des concessionnaires autos. Car, malgré le volontarisme affiché du gouvernement, les ventes ne décollent pas. « Certains voient le futur de l'électrique, notamment dans les campagnes, avec un véhicule mi-voiture mi-moto. On ne sait pas encore si ce sera une voiture secondaire ou principale. Bref, la technologie n'est tout simplement pas encore au point », juge avec sévérité un industriel du secteur.

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