Renault en Chine : pas de signature avant juin

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Seul grand constructeur à ne pas fabriquer de véhicules sur le plus grand marché automobile du monde (Fiat vient de conclure un accord), la marque au losange devra encore attendre au moins le début de l'été pour signer avec son partenaire local Dongfeng.

Renault  ne devrait "pas signer avant juin son accord d'implantation industrielle en Chine", selon des sources internes. Le processus a pris du retard, au vu notamment des flottements et des luttes intestines au sommet du pouvoir à... Pékin. Les négociations avec le groupe Dongfeng, déjà partenaire de Nissan, ont démarré fin juin 2011. Le constructeur français avait annoncé l'an dernier son intention de produire des véhicules à partir 2014 en Chine. Carlos Ghosn, PDG de Renault et Nissan, a précisé en février dernier que le groupe tricolore pourrait y produire des modèles électriques et qu'il comptait aussi y vendre du haut-de-gamme.

Simple importateur

Renault est aujourd'hui un simple importateur en Chine. Frappé par de lourds droits de douane, le constructeur tricolore a commercialisé dans l'ex-Empire du Milieu 24.725  véhicules en 2011 (+60% par rapport à 2010), à travers 80 points de vente, et 6.228 au premier trimestre 2012, dont plus de 5.000 4x4 Koleos produits par la filiale coréenne de Renault, RSM.

Retard important

Renault avait déjà signé en... 2004 une première lettre d'intention avec Dongfeng pour une implantation industrielle. Mais, ne parvenant pas à se mettre d'accord sur le lieu d'implantation de l'usine, ce premier accord était resté lettre morte. Renault est aujourd'hui le seul grand constructeur automobile à ne  pas fabriquer de véhicules en Chine...  Seul Fiat était jusqu'ici dans le même cas. Mais l'Italien a récemment constitué une co-entreprise, qui devrait démarrer une production dès l'été prochain. En fait, le retard de Renault s'explique notamment par... la forte présence en Chine de son allié japonais Nissan, devenu l'un des acteurs majeurs sur place. Dès lors, il n'y avait pas d'urgence absolue pour la firme française à y rentrer. L'ex-Régie a ainsi préféré se concentrer sur la Russie et ses projets avec le premier constructeur russe, Avtovaz.

Nissan en flèche

Nissan produit depuis 2003 des véhicules en Chine avec Dongfeng. Après avoir écoulé 94.000 unités à peine cette année-là, le groupe japonais y est devenu, l'an dernier, le quatrième acteur avec 1.247.738 exemplaires (+22%) et une part de marché de 7,3%. Nissan arrive derrière GM (2.487.000 unités en 2011), Volkswagen (2.201.000), Changan (1.365.000), mais se place devant le coréen Hyundai (1.172.000 avec Kia) Toyota (803.000) ou Honda (618.000)..

PSA en retrait

Nissan supplante largement PSA (404.400), qui avait pourtant fait oeuvre de pionnier. Peugeot s'était en effet implanté en même temps que Volkswagen, dans les années 80, pour produire des 504 puis des 505 à Canton. Mais, ayant fait fausse route avec un mauvais partenaire, Peugeot s'est retiré à la fin des années 90, pour laisser la place à Citroën... qui fabrique des véhicules à Wuhan (centre de la Chine) depuis 1995, avec le même partenaire que Nissan, Dongfeng. PSA, qui a introduit entre-temps la fabrication des Peugeot à Wuhan, s'est laissé progressivement distancer et n'a jamais pu recoller au peloton des leaders en Chine.

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Commentaires
a écrit le 20/04/2012 à 11:55 :
Effectivement rien ne presse, NISSAN est déjà dans la place et quitte à être en Chine autant y écouler du haut de gamme fabriqué en Corée. Ne surtout pas se phagocyter entre marques soeurs.

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