La restructuration de PSA en crise suspendue à un nouveau rapport

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Philippe Varin, président de PSA Copyright Reuters
Philippe Varin, président de PSA Copyright Reuters (Crédits : REUTERS)
Le cabinet d'experts Secafi, mandaté par le CCE de PSA, doit remettre ce jeudi ses conclusions sur la santé du constructeur automobile. La remise de ce rapport devrait permettre la reprise des discussions entre la direction et les syndicats sur le plan de suppression des 8.000 postes et la fermeture du site d'Aulnay.

Les syndicats de PSA Peugeot Citroën espèrent savoir ce jeudi si... le groupe automobile est vraiment malade! Le cabinet d'experts Secafi doit en effet présenter ce matin le premier volet de son rapport sur la situation économique et financière de PSA, devant le Comité central d'entreprise (CCE), en présence de la direction, selon les syndicats. Le cabinet avait été mandaté par le CCE de PSA fin juillet. La remise de ce rapport devrait permettre la reprise des discussions entre la direction et les syndicats sur le plan de suppression des 8.000 postes et de fermeture du site d'Aulnay  d'ici à 2014, annoncés le 12 juillet dernier. Le processus de restructuration de l'entreprise est suspendu aux premières conclusions de ce rapport. Secafi doit présenter un second volet sur l'organisation industrielle le 6 novembre, un volet stratégique et environnemental le 12 novembre, un volet social le 15 novembre, d'après l'AFP.

Marge négative de 3,3%

ll serait quand même étonnant que le cabinet Secafi juge le constructeur en... bonne santé, alors même que le rapport Sartorius, demandé par le gouvernement et remis à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, le 11 septembre dernier, concluait que "la nécessité d'un plan de réorganisation des activités industrielles et de réduction des effectifs n'est malheureusement pas contestable"!  PSA avait affiché au premier semestre une perte nette de 819 millions d'euros. La perte opérationnelle courante de la division automobile s'élevait à 662 millions, avec une marge négative de 3,3% par rapport au chiffre d'affaires, lequel reculait de 10,5%. Sur le Vieux Continent, les volumes chutaient carrément de 15,2%. Philippe Varin, président du groupe, avouait alors brûler 200 millions d'euros de cash par mois. Et il espèrait à peine diviser par deux cette consommation en 2013, soit encore 100 millions par mois!

Outil surdimensionné

Outil de production "surdimensionné" en Europe (61,4% de taux d'utilisation à peine des usines de petits modèles) à cause d'une croissance ratée et développement international trop "tardif" avec un "manque d'ambition", telles sont les erreurs stratégiques cruciales pointées par Emmanuel Sartorius, l'ingénieur des Mines auteur du rapport remis au gouvernement le mois dernier, qui rendent aujourd'hui inévitable la restructuration de PSA. Conjoncturellement, et en corollaire, le rapport notait que PSA était trop "dépendant" du marché européen en crise, lequel absorbe encore 58% de ses ventes, contre 48,6% pour Volkswagen. En outre, PSA, "dont l'outil de production reste largement centré sur la France", demeure un "constructeur généraliste", présent principalement sur les voitures "petites" et "compactes", les créneaux "les plus concurrentiels" qui génèrent 77% de ses ventes (en 2011). La firme "se trouve prise en tenaille entre les autres généralistes produisant des voitures à bas coûts en Europe de l'est et les constructeurs allemands premium"... Et ce n'est pas l'alliance avec GM -dont la filiale allemande Opel est un canard boîteux, cumulant depuis plus de dix ans déficits et chute des parts de marché - qui devrait résoudre les graves difficultés structurelles de PSA.


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a écrit le 17/10/2012 à 10:39 :
c'est le mal de notre pays: les syndicats "jusqu'au boutisme", la tête dans le sable un syndicat lié au PC retarde des décisions de gestion.Le Pays est en guerre économique mais est paralysé par 1 syndicat qui veut la peau du lion pour montrer son efficacité....et gagner des adhérents
a écrit le 11/10/2012 à 10:22 :
Peugeot encore en difficulté mais au plus mauvais moment. Au début des années 80 la donne était différente et les marchés en croissance qu'on pensait infinie. En 2012 le marché auto européen régresse car il est mature et cherche sa voie et remet son modèle en cause. Les surcapacités sont devenues chroniques et même les "premiums" vont souffrir in fine mais un peu plus tard. Pour l'instant personne ne veut lâcher et fait comme si. Pour preuve OPEL continue à produire en perdant de l'argent et ce depuis 10 ans. On se croirait dans une économie planifiée comme jadis l' URSS qui produisait des tracteurs (pour trois ou quatre générations à l'avance) et qui moisissaient ensuite sur d'immenses parkings. Il serait peut-être temps de changer de "modèle".
Réponse de le 11/10/2012 à 10:47 :
Vous pouvez rajouter Fiat et ,Ford aux constructeurs en surcapacité en Europe .En fait il y a 10 usines de trop ce qui représente 80.000 Emplois avec la sous traitance .Vous comprendrez que personne n'est pressé d'ouvrir ce dossier explosif .
En ce qui concerne Psa les déboires actuels remontent à des décisions prises à la fin des années 90.
A cette époque Jean Martin Folz avait fixé l'objectif de 4 millions de véhicules produits pour 2006 .Ce chiffre n'a jamais été atteint - 3,6 millions en 2006- mais les investissements et le recrutements ont été planifiés dans ce but qui en fait n'était qu'une étape vers les 6 millions considéré comme le seuil viable à terme .
Réponse de le 11/10/2012 à 13:02 :
C'est bien vu malheureusement. Si on veut avoir la chance de garder une industrie automobile, il faudra changer de modèle (ou de vision) économique : vendre beaucoup plus chères, mais en plus petites séries des voitures "haut de gamme" (pas forcément de luxe) ou "dans le vent" (comme les nouvelles Fiat 500, Minis, etc ...).
Par ailleurs, le même genre de problème se pose dans l?Énergie ou l'Agriculture et là aussi un changement de modèle économique du même style sera nécessaire un jour ou l'autre si on veut survivre !
a écrit le 11/10/2012 à 10:01 :
Qui dirige PSA ? L'état ? Les syndicats ? ou les dirigeants actuels Si on remet en cause leurs compétences il faut alors nationaliser l'entreprise, si non il faut leur faire confiance et arrêter de jouer sur cette logique de classe " patrons " contre "travailleurs" et être non pas contre mais AVEC.
Réponse de le 11/10/2012 à 11:10 :
L'état est dans son role en essayant d'aider à trouver des solutions.Le problème de l'industrie automobile est européen et il y a fort à craindre que ce dessine le meme scénario que la sidérurgie il y a trente ans ou la fermeture des mines : des fermeture d'usines et des licenciements en masse .Alors tout le monde cherche à temporiser .
Réponse de le 11/10/2012 à 11:52 :
PSA apparait comme le constructeur mal en point le plus fragilisé en Europe: FIAT fait des profits grâce à Chrysler, Opel perd de l'argent au sein de GM, Renault a ses béquilles Nissan et Dacia. Je ne vois pas ce qui pourrait arrêter cette spirale négative; peut être une OPA d'un chinois ou d'un indien?
Réponse de le 11/10/2012 à 14:03 :
Pastorius,Fiat fait des pertes sur le marché européen .
a écrit le 11/10/2012 à 9:57 :
Après le rapport Sartorius, les conclusions du comité d'experts mandaté par le CCE, il faudra sans doute attendre les conclusions du comité mandaté par le CHSCT ? Et pendant ce temps ....... Peugeot avance dans les sables mouvants.
Réponse de le 11/10/2012 à 11:54 :
...et le tout terrain 4x4 n'est pas leur point fort!
a écrit le 11/10/2012 à 9:41 :
Avec "Lol" retour au dirigisme d'état , lol
Peugeot est mauvais et il est sanctionné, c'est logique!!!
a écrit le 11/10/2012 à 6:58 :
C'est certain cela va confirmer mais c'est un problème politique qu'il faut traiter. Il faut arreter...soit tout le monde sur le même pied d'egalte en europe et taxer les autres pays qui envahissent nos marches...et nous cest pas avec ce que l'on exporte que l'on va gagner, il faut revenir aux bases

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