Comment Tavares va faire des économies chez PSA

Alain-Gabriel Verdevoye, à Genève
« Il n'est pas impossible de gagner de l'argent en Europe », affirme Carlos Tavares, le nouveau patron opérationnel de PSA, qui deviendra le président du directoire du groupe au 31 mars.
Mais comment donc réduire encore les coûts, pour que PSA fasse enfin des profits ?
Carlos Tavares « a visité sept usines ces dernières semaines ». Et, sur ces sites industriels, il y a « a encore un énorme potentiel d'amélioration, dans l'organisation, les coûts de l'énergie, les rendements, le nombre de retouches à effectuer en bout de chaîne ».
Le groupe automobile français avait annoncé le mois dernier son intention de produire à l'avenir ses petites voitures « généralistes » hors d'Europe occidentale. PSA Peugeot Citroën n'a évidemment pas de projet à moyen terme de construire une nouvelle usine hors d'Europe de l'ouest.
Le site slovaque produit actuellement environ 250.000 Peugeot 208 et Citroën C3 Picasso, pour une capacité de 350.000 unités. Et Vigo, qui fabrique des utilitaires et le monospace C4 Picasso de Citron, tourne « à 60% de son potentiel » seulement.
Or, « il faut les saturer », souligne le dirigeant, qui doit dévoiler à la mi-avril un nouveau plan stratégique, qui courra jusqu'en 2016 avec « quelques perspectives au-delà ». PSA, qui a cessé de produire les petites Citroën C3 en octobre dernier dans son site d'Aulnay-sous-Bois en région parisienne, s'est engagé à ne pas fermer d'autre site en France jusqu'à 2016.
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Hors d'Europe, il y a aussi du travail.
Maxime Picat, Directeur général de la marque Peugeot, renchérit :
En clair, il faut produire de pièces localement pour échapper aux droits de douane et aux fluctuations de changes. PSA perd de l'argent en Europe, mais aussi sur la plupart de ses grands marchés extérieurs. Et, en Chine, les dividendes de sa co-entreprise DPCA sont dérisoires.
Dans la recherche et le développement, PSA a également du pain sur la planche, même si beaucoup de travail a déjà été fait.
Enfin, PSA limite désormais les variantes d'assemblages de moteurs et de boîtes. Afin de réaliser davantage de synergies.
PSA a encore affiché l'an dernier une perte opérationnelle pour les activités automobiles de 1,04 milliard d'euros. Soit une marge négative de 2,9%. La perte nette du groupe a atteint 2,31 milliards. Et la dette nette du constructeur dépasse les 4,1 milliards.
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La firme tricolore a annoncé à la mi-février un accord stratégique permettant au groupe public chinois Dongfeng de prendre 14% de PSA à travers une augmentation de capital de 3 milliards d'euros. La famille Peugeot détiendra également 14% du capital et l'Etat français une part équivalente. PSA, qui vient d'obtenir le trophée de la « voiture de l'année » pour sa compacte Peugeot 308, apparaît prêt à redémarrer. A condition qu'il ne soit pas trop tard.
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Alain-Gabriel Verdevoye, à Genève