Avec 30% des émissions de gaz à effet de serre, le transport est le premier émetteur de gaz à effet de serre en France. La moitié concerne l'automobile. Pourtant, difficile d'abandonner la voiture pour la plupart des Français. Ils sont 70% à l'utiliser comme moyen de transport pour les trajets maison-travail. Afin d'atteindre la neutralité carbone annoncée avant 2050 par la France et l'Union Européenne, la filière automobile met les bouchées doubles pour décarboner. Plusieurs annonces sont prévues début 2023.
Si l'utilisation des véhicules reste de loin l'usage le plus polluant pour les voitures, sa phase de fabrication est le deuxième pôle émetteur avec près de 25% des émissions. Un chiffre qui devrait grossir avec l'arrivée sur le marché des véhicules électriques dont la fabrication des matériaux, en particulier la batterie, représentera - paradoxalement - la majeure partie des émissions de carbone.
Atteindre la neutralité carbone, c'est aussi l'idée qu'ont en commun constructeurs et équipementiers automobiles. « Objectif net zéro pour 2045 » pour Faurecia, pour 2038 chez Peugeot ou encore 2050 pour Renault et Plastic Omnium. Des objectifs qui ne sont atteignables qu'au prix d'une décarbonation importante qui passe par la réutilisation de matériaux dans la construction des véhicules.
Pour l'heure, c'est le chiffre de 30% qui revient chez tous les acteurs de la filière. « En moyenne, nous visons 33% de matériaux recyclés dans nos véhicules, toutes gammes et toutes marques confondues », précise Cléa Martinet, directrice du développement durable du groupe Renault. Un recyclage qui s'assume désormais, les constructeurs affichent fièrement des véhicules d'apparence « pailletés » ou « mouchetés » en raison du mélange de matériaux réutilisés.