Bruxelles examine les soupçons de cartel de l'industrie auto allemande

 |   |  376  mots
Le Spiegel affirmait tirer cette information d'un document écrit que le groupe VW a adressé aux autorités de la concurrence en juillet 2016.
Le Spiegel affirmait tirer cette information "d'un document écrit que le groupe VW a adressé aux autorités de la concurrence" en juillet 2016. (Crédits : © Fabian Bimmer / Reuters)
Les constructeurs automobiles allemands Volkswagen, Audi, Porsche, BMW et Daimler se seraient concertés sur la réduction des émissions polluantes des voitures diesel, selon l'hebdomadaire allemand der Spiegel. La Commission européenne pourrait ouvrir une enquête.

La Commission européenne a indiqué samedi 22 juillet qu'elle examinait des informations faisant état d'un éventuel cartel entre les grands constructeurs automobiles allemands. "La Commission européenne et l'Office allemand anti-cartel ont reçu des informations" sur un éventuel cartel entre les constructeurs automobiles allemands Volkswagen, Audi, Porsche, BMW et Daimler, "qui sont en train d'être examinées par la Commission", a indiqué l'exécutif européen, gardien de la Concurrence en Europe.

"A ce stade, il est prématuré de spéculer davantage" a ajouté un porte-parole de la Commission européenne. "La Commission européenne et les autorités nationales de la Concurrence coopèrent étroitement entre elles sur ce genre d'affaires" a-t-il ajouté.

A la suite de cet examen, l'exécutif européen décidera si oui ou non il ouvre une enquête qui peut elle-même durer plusieurs années, avant qu'une sanction financière ne tombe.

La clémence, stratégie pour démanteler les cartels

Les déclarations de la Commission européenne font suite à un article de l'hebdomadaire allemand der Spiegel, selon lequel les grands constructeurs automobiles allemands Volkswagen, Audi, Porsche, BMW et Daimler, auraient formé un cartel depuis les années 1990, se concertant notamment sur la réduction des émissions polluantes des voitures diesel.

Le Spiegel affirmait tirer cette information "d'un document écrit que le groupe VW a adressé aux autorités de la concurrence" en juillet 2016, comme "une sorte d'auto-dénonciation". Daimler aussi se serait auto-dénoncé, affirme l'hebdomadaire.

Les cartels sont interdits dans l'UE puisqu'ils nuisent à la concurrence et aux consommateurs. La Commission européenne peut infliger de lourdes amendes aux entreprises qui s'entendent entre elles, le record ayant été atteint le 19 juillet 2016. L'UE avait alors infligé une amende de 2,93 milliards d'euros à quatre fabricants européens de camions, accusés de s'être entendus pendant 14 ans sur les prix de vente de leurs poids lourds.

La politique dite de "clémence" menée par la Commission européenne encourage les entreprises à lui communiquer des preuves internes de l'existence d'un cartel. La première entreprise membre d'un cartel qui entreprend cette démarche est exemptée d'amende. Cette stratégie s'est révélée très efficace pour démanteler les cartels.

(Avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 23/07/2017 à 17:44 :
La commission européenne qui ne savait rien bien entendu et le gouvernement allemand encore moins, on y croit tous.

Des cartels il y en a partout, dans les assurances et les banques en priorité, ne pas oublier que nous n'arrivons plus à distinguer les réseaux financiers des blanchiments d'argent, du coup les méthodes mafieuses se retrouvent dans les pratiques de la finance.
a écrit le 23/07/2017 à 16:52 :
Nul besoin de citer 5 constructeurs , seuls 3 sont concernés car les diesels des AUDI.PORCHE ET VW sont viennent tous de VW et sont souvent les memes ; idem pour SEAT et SKODA . Heureusement LAMBORGHINI ne met pas de diesels dans ses superbes voitures .
Réponse de le 23/07/2017 à 22:24 :
Il n' y a pas un mois sans qu' un nouveau scandale apparaisse chez VV groupe, je rappelle que le dernier en date a moins de 15 jours, la triche révélée sur les chiffres de vente du réseau France.
a écrit le 23/07/2017 à 15:01 :
Beaucoup trop d'automobiles allemandes sur nos routes alors que la balance commerciale française du secteur est maintenant déficitaire (passée de +10 Mds € en 2007 à -10 Mds € en 2016).
Moins de signes égocentriques d'appartenance sociale pour mieux soutenir nos industries, nos emplois et notre environnement, svp.
Réponse de le 24/07/2017 à 9:31 :
Le raisonnement serait juste si les usines d'automobiles de marques françaises n'avaient pas largement été remplacées par des implantations étrangères :
captur >espagne
kadjar > espagne
megane > espagne
clio > au moins 80 % turquie
twingo > slovénie
208 > slovaquie
108 > slovaquie
c4 cactus > espagne
Réponse de le 24/07/2017 à 15:09 :
Bien sur. Mais je parle des segments supérieurs de nos constructeurs encore assemblés sur notre sol, pas des véhicules d'entrée de gamme, au demeurant moins coûteux pour l'équilibre de nos échanges.
Réponse de le 24/07/2017 à 15:13 :
Même si dire cela est politiquement incorrect, libre échange oblige...
Réponse de le 25/07/2017 à 16:57 :
Léo a raison, c'est le résultat d'une méconnaissance total de l'économie pour la plus part de nos concitoyens, chose voulue par une grande partie de notre enseignement..... .
Quant à "didou" qui a sût faire une bonne étude sur la production automobile FR, il a oublié le Maroc mais il a surtout oublié de faire la même étude pour le groupe VW et ses berlines de luxe et sportives, installées dans tout l'Est de l'Europe on appelle cela "die verlängerte Werkbank". Pour certain modèles seul les roues sont montées en Bavière .... les prix restant bien sûr "made in Germany". Les marges étant juteuses, les constructeurs du haut de gamme peuvent proposer depuis plus de 12 ans des taux financiers "au ras des paquerettes"pour le leaisng.
De nombreux clients francais l'ayant appris il y a environ 4 ans, sont particulièrement décus nous connaissons tous l'effet du "coucou".
Pour rappel, la prochaine usine de Daimler se construit en Pologne, lequel constructeur produit déja dans 8 pays en Europe.
Vous comprenez maintenant pourquoi il fallait rapidement arrimer ces pays à l'Europe, l'histoire se répète près de 65 ans après.
Pour le savoir il suffisait de s'informer sur les stratégies économiques de certains pays depuis une vingtaine d'années... .
Comme tout est cyclique: "Wait and see" !
a écrit le 23/07/2017 à 11:53 :
La deutsche Qualität encore, et qui vient cafter ...? VW encore ..


Il leur serait sûrement impossible de payer une grosse prune à l' Ue après les 28 milliards abandonnés aux américains ...
Réponse de le 25/07/2017 à 17:05 :
Le cafteur n'est pas VW, ce sont les Schwabes de Stuttgart (manière de faire et d'être qui correspond pour beaucoup à cette région).
En Allemagne, lorsque des entreprise se mettent en accord pour des avantages économiques elles créent un "Kartell" et, comble de l'histoire, la première entreprise qui va se dénoncer aux autorités économiques et danc par la même dénoncer ce "Kartell" cette entreprise ne paiera pas d'amendes si il y a procès.
Les autres," cocufiés", peuvent dire merci à Daimler.... .
a écrit le 23/07/2017 à 10:41 :
Plus les bagnoles sont grosses et chères, plus elles consomment plus elles polluent et justement c'est le cœur de métier des allemands, alors on comprend mieux le cartel pour maintenir une pseudo réputation d'efficience énergétique .
a écrit le 23/07/2017 à 10:34 :
On va voir si la commissaire à la Concurrence, madame Margrethe Vestager, va mettre autant d'énergie sur cette fraude (si elle est avérée) que sur Apple et Google.
De toute façon, elle sera partie lors de la résolution de cette affaire.
De même, comment se fait-il que les banques Italiennes aient pu (plus ou moins, à la nuance juridique près) être recapitalisées par l'Etat ?
Cordialement

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :