Chez les Porsche, 50 ans de crises familiales, d'intrigues, de luttes pour le pouvoir

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Les dirigeants de Volkswagen sont aux Allemands ce que la famille royale est aux Britanniques : jeux de pouvoir, luttes d’influence, intrigues…  Wolfgang Porsche et Ferdinand Piëch ont le même grand-père.
Les dirigeants de Volkswagen sont aux Allemands ce que la famille royale est aux Britanniques : jeux de pouvoir, luttes d’influence, intrigues… Wolfgang Porsche et Ferdinand Piëch ont le même grand-père. (Crédits : DR)
Les rebondissements de la saga Porsche-Volkswagen n'ont cessé de tenir en haleine les milieux économiques et l'opinion publique des années durant. La fusion, en 2012, entre les deux constructeurs fut l'aboutissement d'un long conflit entre deux branches de la famille Porsche, fondatrice de la marque éponyme et très élitiste, mais aussi de Volkswagen, destinée au grand public. Récit.

Les rebondissements du dernier épisode de la saga Porsche-Volkswagen ont tenu en haleine pendant plus de quatre ans les milieux économiques et l'opinion publique.

Entamée avec l'annonce tonitruante de la prise de contrôle de Volkswagen par Porsche, cette histoire houleuse s'est déroulée aussi sur fond de querelle familiale. Car Wolfgang Porsche, président du conseil de surveillance de Porsche, et Ferdinand Piëch, son homologue chez Volkswagen, sont cousins germains.

Ferry Porsche, le père du premier, et Louise Piëch, la mère du second, étaient les deux enfants de Ferdinand Porsche, inventeur de la "voiture du peuple", rabaptisée « Coccinelle » et fondateur de l'entreprise Volkswagen en 1936.

Après la mort du patriarche dans les années 1960, le fils de Louise, Ferdinand, entre chez Porsche. Jeune ingénieur plein d'ambition, il développe des voitures de sport ultrarapides mais coûteuses, et inquiète son oncle Ferry.

Contraint de quitter l'entreprise, il entre quelques années plus tard chez Audi, filiale du groupe Volkswagen. Les tensions sont au plus haut lorsque Porsche, en 2007, lance une OPA sur Volkswagen, dont il devient propriétaire début 2009. L'été 2009 amènera pourtant un retournement spectaculaire, avec la réconciliation des clans et un projet de fusion. Celle-ci a finalement eu lieu en août 2012.

De vieilles rancunes familiales tenaces

Le 25 avril dernier, en fin d'après-midi, un communiqué a annoncé la démission de Ferdinand Piëch du Conseil de surveillance de Volkswagen qu'il présidait jusqu'ici et depuis 2002. Il démissionna de l'ensemble de ses autres mandats au sein du groupe et est imité par sa femme Ursula, elle-même également membre du Conseil de surveillance. Il sera remplacé provisoirement à son poste par Berthold Huber, ancien vice-président de ce conseil de surveillance et ancien président du syndicat IG-Metall.

Mis en minorité, Ferdinand Piëch n'a pu obtenir le soutien des actionnaires de VW, notamment Porsche et l'Etat de Basse-Saxe. Dans une réunion du Présidium du conseil de surveillance vendredi dernier à Salzbourg, Ferdinand Piëch s'est retrouvé en minorité par 5 voix contre une selon l'agence DPA.

Martin Winterkorn avait été renforcé par cette réunion. Selon la presse allemande, Ferdinand Piëch aurait cherché à contourner cette décision. En vain. Il a donc démissionné.

>> VIDEO: "Porsche contre Volkswagen", un documentaire d'Arte (2012) qui raconte comment l'histoire familiale éclaire les conflits actuels

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Commentaires
a écrit le 19/05/2015 à 13:37 :
Sale affaire que c't 'affaire, tiens, ils ne nous méritent pas...!!!
a écrit le 19/05/2015 à 11:49 :
Tant d'intrigues familiales, tant de luttes pour le pouvoir….. c'est affreux ! mais tiens, vous m'avez donné l'idée pour faire un billet sur l'Oréal ! :-) Merci.

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